L'auberge, c'est fini

Voilà maintenant trois jours que l'Auberge des Blogueurs a fermé ses portes. Ce fut un ensemble de très bons moments.

J'y étais, bien sûr. Mais comme nous sommes dans la période post-jeu du « tombez les masques des autres », je ne dis pas qui j'incarnais.

On pourrait reprocher à l'Auberge une ambiance générale très gentillette/guimauve/bisounours : hormis quelques personnages plus ambivalents, tout le monde était beau, gentil, aimable. C'est, à mon avis, parfaitement normal : nous avions des auteurs pour la plupart amateurs, même si certains ont l'habitude de tenir un blog. Incarner un personnage détestable, méchant, désagréable, est très difficile - même de grands auteurs peuvent s'y planter lamentablement.

Ajoutons à cela la situation actuelle, entre confinement et distanciation sociale, et il y avait certainement un besoin de « normalité joyeuse » pour beaucoup d'entre nous. Histoire de mettre de côté le contexte quelque peu pénible de la vie réelle.

Quels furent mes personnages préférés ? Ce ne serait pas rendre justice à tous les auteurs et autrices que de faire mon petit podium. Tous ont été intéressants à lire, chacun à sa façon et parfois pour des raisons très différentes.

Je ne peux qu'espérer que les organisateurs produiront un PDF (qui sera un vrai pavé de plus de 1000 pages) de tout cela. Rien que pour le plaisir d'en avoir un exemplaire quelque part et de pouvoir m'y replonger occasionnellement.

Commentaires

1. Le samedi 19 septembre 2020, 00:09 par Tomek

J'ai à peu près le même avis concernant l'ambiance que j'ai trouvé un poil trop positive, mais j'aurais plus tendance à penser que le facteur "besoin de normalité joyeuse" était prépondérant.

Au final les personnages qui m'auront sans doute le plus marqué sont ceux qui avaient un côté plus sombre.

Je ferai un bilan également une fois que tout sera dévoilé.

2. Le samedi 19 septembre 2020, 06:28 par Samantdi

Dire que je pensais que tu étais le Comte :-)
Je ne fais plus AUCUNE proposition... quoique... maintenant que j’y pense... et si c’était toi Pétronille ?
Mais bon sang, c’est bien sûr !

3. Le samedi 19 septembre 2020, 07:49 par Nuits de Chine

Tomek : je crois que, si l'Auberge avait été « plus normale » dans son ambiance, on se serait fait chier comme des rats morts. Je me lève, je mange, je me promène/repose/bouquine, je mange, je dors... Il faut trouver qq chose à raconter, et c'est plus facile d'aller dans un registre léger.

Samantdi : j'aurais adoré avoir la capacité à faire Alexei et le Comte - et ta supposition à ce sujet, incluant ma chère et tendre, était vraiment flatteuse. Merci !

4. Le samedi 19 septembre 2020, 09:42 par Otir

L'Auberge des Blogueurs m'aura permis de faire de fascinantes découvertes sur le travail de l'écriture.

Ce n'aura pas été qu'un jeu et cela m'aura permis de renouer avec des questions que je me posais sans trop m'y attarder sur ce que sont l'inspiration et le talent.

5. Le samedi 19 septembre 2020, 16:10 par Tomek

Nuits de Chine : ah non mais loin de moi l'idée de rendre l'ambiance plus normale, il faut bien sûr qu'il s'y passe des choses.
C'est effectivement sans doute moins casse gueule de rester dans le léger, ne serait-ce que pour éviter que certains persos soient pris en grippe de façon (trop) sérieuse et déplacée.

6. Le samedi 19 septembre 2020, 17:33 par Laurent

Tout comme Otir. J'ai adoré. J'ai aimé les partis pris et surtout le cadre (règles, modération etc) tenu de main de maître sur toute la durée par les aubergistes.

7. Le samedi 19 septembre 2020, 18:10 par Marionnettiste de Philippe

Je me demande s'il aurait été facile d'avoir un, a fortiori plusieurs personnages détestables, sans que ça les amène au centre de la scène et finisse par imposer leur histoire, leurs interactions, à toutes les autres. (Sauf à ce qu'ils soient tous des misanthropes façon P.G. mais dans ce cas, on tombe dans l'extrême inverse et ils n'apportent pas le grain de sel espéré).

8. Le samedi 19 septembre 2020, 18:38 par Paul Dindon

Je me suis parfois posé la question : le personnage peut-il avoir des a priori négatifs sur tel ou tel voisin de chambrée ? Forcément. Doit-il les énoncer dans ses billets ? (ses billets étant par essence connus par lui seul) ou doit-il s'auto-censurer ? L'auteur s'il veut être honnête et aborder l'humain dans sa complexité peut s'accorder de critiquer (même avec mauvaise foi) ses pairs ? (il recevra l'opprobre des autres via les commentaires). Que faire ? Vraie question.

9. Le dimanche 20 septembre 2020, 13:49 par Nuits de Chine

Otir : ce genre d'expérience nous permet toujours d'apprendre de nouvelles choses sur nous.

Tomek : Je crois que tu touches un point important. Ne pas se faire prendre en grippe, avec une légère confusion perso/auteur. C'est certainement plus facile si on est seul auteur, pour un bouquin, ou seulement personnage, comme un acteur. Là, nous étions auteur et personnage, plus délicat.

Laurent : Un des éléments du plaisir à participer était cette liberté, encadrée de manière plutôt bienveillante.

Philippe : Sincèrement, j'aurais aimé qu'il y ait des contrepoints. Je ne sais pas si ça aurait vraiment été faisable ou agréable à lire. Côme, par exemple, m'a vraiment hérissé le poil au début, avec une surprenante (pour moi) intensité.

Paul : une vraie question, comme tu l'écris. Car nous savions, en tant qu'auteur, que nos billets seraient lus par les autres auteurs. Toujours cette dualité auteur/perso et cette difficulté à détacher l'un de l'autre, et les perceptions que chacun a du personnage, que l'on ramène à l'auteur (je sais pas si je suis bien clair).

10. Le jeudi 24 septembre 2020, 12:22 par orpheus

Je reviens une seconde sur la légèreté de l'auberge... Oui, en effet, il y avait cette brise qui soufflait, pour les raisons évoquées plus haut. Et comme tu le dis, c'était très bien comme ça.
Après, quand on lisait entre les lignes d'un même billet léger en apparence, on pouvait y trouver des choses et des allusions plus profondes.
Sans oublier certains thèmes traités plus frontalement.
Tout cela pour dire que je n'ai trouvé AUCUN personnage de l'auberge qui était 100% sur un petit nuage rose au pays des bisounours.

Ceci étant dit.
Je renouvelle mes félicitations à ta plume pour nous avoir offert ce personnage et son histoire palpitante que je n'avais pas soupçonnée à la lecture de tes premiers billets. <3

11. Le jeudi 24 septembre 2020, 21:12 par Nuits de Chine

Orpheus : c'est vrai, sous la surface, il y avait beaucoup de choses moins roses qui remuaient. Merci pour tes félicitations, je t'en renvoie au moins autant. La veuve corse était un personnage épique !

12. Le lundi 28 septembre 2020, 14:47 par SacripAnne

C'est bien de jouer à tes côtés (je peux te dire que te sachant dans les parages, je n'ai pas fait l'impasse sur la case recherches :D)

Vivement la prochaine fois !