Alvin le Faiseur

Ouais bon, je n'en suis pas vraiment là, n'étant que le second fils d'un troisième fils (et non le septième d'un septième, comme Alvin). Ça me permet juste de mettre un titre qui fait référence à des bouquins que j'ai bien aimés dans le passé, ce titre ayant quand même un (léger) rapport avec ma prose à venir : j'ai commandé, et reçu, une imprimante 3D. Je ne me prends pas encore pour un faiseur (maker, en anglais; on devrait plutôt dire facteur, je crois), loin s'en faut. Mais je ne peux m'empêcher d'éprouver une forme d'auto-satisfaction.

L'imprimante, déjà, il faut la monter. Elle arrive sous une forme semi-assemblée. Les différents articles lus ici et là indiquent entre 20 et 30 minutes de montage, cela m'a pris une bonne heure. À ma décharge, la notice de montage est certes détaillée, mais les schémas en perspective ne permettent pas toujours d'appréhender du premier coup d'oeil ce qu'il faut faire. Ni du second. Par contre, après s'être trompé, là, on comprend.

Bref, après le montage, ce furent les premiers tests. Chercher sur Internet (ce ne sont pas les sites qui manquent), télécharger, lancer... Bonheur, ça marche. Mais ça ne suffit pas : récupérer le modèle conçu par un tiers est intéressant s'il correspond exactement à un besoin (par exemple le purgeur de dentifrice, là, oui. Je n'ai jamais trouvé ça nulle part, peut-être faute d'avoir cherché aux bons endroits. Mais maintenant, c'est fait).

Purgeur de dentifrice

Pour faire des pièces non-autonomes, qui vont s'intégrer dans un existant, typiquement pour remplacer une pièce cassée, il faut que l'élément fabriqué soit aux bonnes dimensions. Donc, il est nécessaire de calibrer l'imprimante, pour que 1 mm sur le modèle fasse bien 1 mm sur la pièce. J'ai un peu galéré, mais avec des pièces de calibrage et un pied à coulisse, j'y suis arrivé. 10 mm sur le modèle font 10 mm sur la pièce, à 1% près (je suis tolérant). L'une des pièces de calibrage devrait plaire à ma petite-fille.

Chat de calibrage

Restait à passer à un truc sérieux : réparer un objet en fabriquant une pièce cassée. Et, tant qu'à y être, un bidule compliqué. Comme un engrenage cônique. Parce que je le vaux bien.

La pièce en question vient d'une boîte à musique, 25 ans en arrière. J'ai gardé le jouet, non que je pensais qu'un jour des imprimantes 3D me permettraient de le réparer, mais parce que même sans sa partie animée, il restait sympa et la boîte à musique en elle-même continuait à fonctionner. Il y a un mois, en sortant des placards ce qu'il fallait pour occuper ma petite-fille, je suis tombé sur ce jouet dysfonctionnel. Je l'ai ouvert, j'ai identifié ce qui était cassé, et me suis dit que ce serait bête de ne pas réparer le biniou.

Dont acte. OpenScad, divers tutoriaux, des sites de modèles pour OpenScad[1], Wikipédia pour savoir exactement ce qu'est un engrenage cônique, des sites de mécanique pour piger les paramètres, les termes utilisés, etc... Quelques essais (bien ratés pour certains), deux mini-prototypes partiels... Et depuis trois heures, la boîte à musique est de nouveau animée.

À gauche, la pièce originelle dont le tube de liaison est cassé en deux. Au milieu, deux essais partiels pour vérifier si mes cotes étaient bonnes. Et à droite, le résultat final.

Engrenage cônique

Pas mécontent de ma journée.

Note

[1] Je n'ai pas fait le modèle de l'engrenage, juste trouvé ce qu'il faut et mesuré/calculé les paramètres.