C'est l'escalade... mais jusqu'où ?

Nous l'entendons dire, sans jamais être convaincus que cela s'applique aussi à nous-même : nous sommes bien peu de choses. Souvent, c'est à l'occasion d'un décès ou, parfois, d'un accident. Mais ce peut être en cas de maladie ou autre, sans conséquences forcément fatales. En ce qui me concerne, c'est seulement une tendinite aigüe la maladie du clavier du bras droit, depuis plus d'un an parce que j'aime quand ça dure. Je ne vous ferai pas la description, somme toute peu intéressante, de mes douleurs. Toutefois, ce handicap m'a amené à une réflexion quant à l'ergonomie de mes postes de travail.

Le dit poste de travail est plutôt classique : un ordinateur (portable ou fixe), plusieurs écrans, un clavier (déporté en ce qui concerne le portable) et une souris.

J'ai changé de clavier et suis passé au Bépo, avec de funestes mais pleinement assumées conséquences. Si vous ne connaissez pas, le Bépo, c'est ça :

Carte BÉPO

La disposition des touches a été choisie en fonction de leur utilisation dans la langue française, sur le même principe que le Dvorak anglais. Il est facile de constater que les voyelles sont accessibles sur la main gauche, et que la ligne de repos groupe les principales lettres de notre belle langue. L'utilisation de cette disposition va naturellement, après une période d'adaptation, diminuer drastiquement la fatigue musculaire (les mains et les doigts bougent nettement moins qu'avec la disposition Azerty) et permettre ensuite une augmentation de la vitesse de frappe.

Ça, c'est pour la théorie.

Parce que dans la pratique, il faut passer cette p... de b... de c... de phase d'adaptation. En ce qui me concerne, j'ai derrière moi près de 40 ans[1] de frappe Azerty à 10 doigts en aveugle. Autant dire que les réflexes musculaires sont bien en place, et que c'est pas gagné.

À cela s'ajoute l'utilisation d'un clavier matriciel et non plus à rangs décalés.

Clavier matriciel

De nouveau, ce positionnement est plus ergonomique. Il n'y a aucune raison intelligente aujourd'hui, sur un clavier d'ordinateur, d'avoir des rangs décalés. Mais, là encore, les habitudes ont la vie (très) dure.

Quel est le bilan de tout ça, après trois mois ? Pas terrible. Je suis passé de 90+ mots/minute à un ridicule 30 mots/minute. C'est l'horreur. Cela m'oblige de plus à lire et relire très soigneusement tout ce que je produis, parfois limite lette à lettre, pour être sûr qu'une faute de frappe ne s'est pas glissée quelque part. Aucun gain de temps pour le moment, bien au contraire.

Question douleurs au bras, il y a une nette amélioration. La tendinite fait de la résistance, mais elle a reculé. Donc, sur ce plan au moins, c'est mieux qu'avant.

Reste donc à améliorer ma vitesse de frappe, et retrouver la fluidité d'une vraie frappe en aveugle.

Me souvenant de mes (longues) heures à apprendre la frappe en aveugle, j'ai appliqué la même technique qu'il y a 40 ans : on n'apprend vraiment à frapper au clavier en aveugle que s'il n'y a pas de secours visuel. Dans ma lointaine jeunesse, j'avais collé des bouts de papier sur les touches. Aujourd'hui, j'ai juste acheté un clavier vierge[2] :

Clavier vierge

Il est encore un peu tôt pour dire si ce second changement va améliorer ma vitesse de frappe. J'en suis convaincu (sinon je n'aurais même pas tenté, vu le prix du matériel). J'ai imprimé une anti-sèche de la disposition des touches, mais je n'en ai pas encore eu besoin.

L'autre avantage de ce clavier est que je n'ai pas a en changer si je repasse à la disposition Azerty. Je ne gagnerai alors « que » le confort lié à une disposition matricielle.

Il ne me reste qu'à pratiquer... Je ne désespère pas (plus exactement, pas encore) de retrouver ma vitesse de frappe normale. Voire de la dépasser, mais là il va falloir être patient.

Notes

[1] Il n'y a pas d'erreur. C'est une longue histoire.

[2] Comme quoi la virginité a encore une certaine valeur de nos jours.

Commentaires

1. Le mardi 12 décembre 2017, 17:02 par spica

"Cela m'oblige de plus à lire et relire très soigneusement tout ce que je produis, parfois limite lette à lettre, pour être sûr qu'une faute de frappe ne s'est pas glissée quelque part. "
C'est volontaire le "lette à lettre" justement dans cette phrase ?

2. Le mercredi 13 décembre 2017, 09:48 par Nuits de Chine

Spica : oui, c'est volontaire quoiqu'un peu exagéré - même si ce n'est pas systématique (sinon ma productivité légendaire en serait plus qu'affectée). Parfois, le cerveau ne décode pas vraiment ce que les yeux ont vu, et se réveille une ou deux lignes après en disant hého y'a un bidule bizarre quelque part plus haut. Si après une relecture plus lente je ne relève rien, tout en ayant la même impression, je relis très lentement, presque lettre à lettre.