Le p'tit sac à dos

Nombreux sont les messieurs qui se gaussent de ces dames et de leur sac-à-main au contenu virtuellement inépuisable, mais ingérable quand il faut en sortir quelque chose de particulier. Je confesse avoir fait partie de ce groupe moqueur. Cet appartenance est toutefois révolue depuis une bonne dizaine d'années.

Lors d'un voyage chez nos cousins d'outre-Atlantique, parmi les breloques données aux enfants[1], à l'aller comme au retour, par la compagnie aérienne, se trouvait un mini sac à dos. Une taille idéale pour un enfant en tant que sac à dos, et appropriée pour un adulte en tant que sac à machins-de-tous-les-jours.

J'ai longtemps usé de l'un des deux sacs à dos, dont le violet m'amusait et tranchait sur la morosité habituelle de ce type d'accessoire lorsqu'il appartient à un homme. Celle qui devait devenir mon épouse m'ayant, bien plus tard, fait comprendre que ce violet la révulsait, j'optai pour l'autre sac, d'un noir tout à fait sobre.

Quelle que soit la version de mon accessoire, il m'a très rapidement appris à ne plus me moquer de ces dames qui, cherchant dans leur sac-à-main un trousseau de clés, un porte-monnaie ou tout autre chose, doivent en extraire tout le contenu avant de trouver l'objet voulu. Bien que mon sac-à-machins soit de taille modeste, j'en viens parfois à douter que son espace intérieur ne fût pas violemment fractal et, au moins partiellement, situé dans d'autres dimensions, y compris celles de la Basse-Fosse[2].

J'ai appris une règle très importante de la non-linéarité de l'espace de stockage des sacs-à-machins :

tant que l'on n'a pas trouvé ce que l'on y cherche, il ne faut jamais remettre dans le sac ce que l'on vient d'en sortir, quoi que cela puisse être.

Sinon, ces objets qui à cet instant précis nous indiffèrent totalement se glisseront de nouveau dans notre main, en lieu et place de celui que nous voudrions bien trouver. Extraire quatre fois le mauvais trousseau de clés (alors qu'il n'y en a que deux dans le sac-à-trucs) a quelque chose de particulièrement irritant.

Cette règle amenant exactement au comportement évoqué en ouverture de ce billet, je ne ricane plus lorsque j'en suis témoin : c'est en réalité le comportement le plus efficient qui se puisse concevoir.

Et cela fait longtemps que ces dames l'ont compris.

Notes

[1] L'Héritier était avec moi, nous allions skier sur les pentes québéquoises.

[2] Peut-être est-ce uniquement par chance, je n'en ai jamais sorti quelque chose dont l'existence même aurait fait vaciller ma raison.

Commentaires

1. Le lundi 3 février 2014, 17:00 par Spica

Ca fait un bon bout de temps que j'ai mon sac à dos tous les jours, de plus en plus rempli, mais j'arrive généralement à retrouver ce que je cherche rapidement (si c'est pas le cas, c'est que ça n'est plus dans le sac). Mais quand je me moque du sac à main d'une dame, ce n'est pas pour la quantité de trucs qui s'y trouve, mais pour l'inutilité de beaucoup de ces choses. :-p (mais bon, mesdames me le rendent bien en voyant la paire de baguettes de batterie qui dépasse de mon sac)

2. Le lundi 3 février 2014, 18:00 par Nuits de Chine

Spica : une paire de baguettes ? Je ne me souviens pas de ce détail.