J'suis James Bond

En mieux, pour tout dire. Moins chauve que Sean Connery, moins gaga que Roger Moore, et plus intelligent que tous les p'tits nouveaux. La preuve, j'ai meme pas besoin de K pour fabriquer mes gadgets qui tuent de la mort. Le dernier en date, la perceuse/lance-flammes.
Hier (samedi, donc), j'ai décidé d'oeuvrer à l'amélioration de mon cadre de vie. En français normal, ça se dit bricoler, mais à tout seigneur tout honneur, James Bond ne cause pas comme tout le monde. En l'occurrence, je devais dépoussiérer des poutres, avant de les traiter. Dépoussiérer, vous pensez sans doute que ça signifie diverses gymnastiques bizarres avec un aspirateur. Certes. Toutefois, James Bond n'a peur de rien et il aime les choses bien faites (ainsi que les dames bien faites, mais cela nous éloigne du sujet). Donc, avant d'oter la poussière, autant rendre lesdites poutres belles, c'est-à-dire les poncer. En aparté, James Bond vous déconseille de faire la même chose avec une dame. D'abord, si elle est couverte d'une telle couche de maquillage qu'il faut y aller à la ponceuse, c'est louche; ensuite, il est probable qu'elle ne se laisse pas poncer si facilement que ça.
Me voilà donc, perché sur un échafaudage et armé de ma perceuse munie d'une brosse à la place du foret. Vrrr vrrr vrrr. Vitesse moyenne 2 mètres à l'heure, James Bond n'est pas pressé, la poussière de bois vole de partout, c'est sublime. Arrivant, au bout de trois heures d'efforts, sur les dix derniers centimètres de la première face de la première poutre à traiter, la perceuse-ponceuse donne un inquiétant signe de faiblesse et s'arrête. Silence. Clic clic, la gachette de la perceuse s'enfonce sans effet.
Hmmm encore un coup des Russes.
Vite au labo, non sans être au préalable passé sous la douche et avoir changé de vêtements. Tournevis, j'ouvre le boîtier. Argh, c'est plein de graisse mélangée à de la poussière, c'est dégoûtant là-dedans. Identifions d'abord la panne. Multimètre, oscilloscope, laser de rectification, imprécations diverses et variées et hop, la panne est identifiée et réparée. Bon, je ne vais tout de même pas remonter un truc aussi cradingue, James Bond ne supporte pas la graisse mélée à la poussière. Il se fait tard, miam et dodo (solitaire, parce que c'est la guerre et donc on n'est pas là pour rigoler).
Ce matin, j'attaque le nettoyage de l'outil. Brosse à dents (une vieille, hein, pas celle dont je me sers actuellement), dégraissant, coton-tiges et vas-y que j't'élimine la moindre trace de graisse. Frotte, rince, frotte, lave. Nickel, le bidule. Je referme le boîtier, je vérifie que ça fonctionne toujours et hop, changement de vêtements, retour sur mes poutres. Vrrr vrrr vrrr ça dépote, je finis ma première face de poutre, je déplace l'échafaudage et j'attaque la seconde. Vrr vrrr vrrrrrrr. La poussière de bois vole partout derechef.
Et soudain, de l'intérieur du boîtier, boum. Une superbe flamme qui sort par les évents de ventilation du moteur. Impressionnante, la flamme, hein, pas le petit truc d'une allumette, non, non. Le genre de flamme qu'on obtient quand on laisse le gaz ouvert dix secondes sous une casserole avant d'y amener une flamme.
Waw.
Arrêt du bricolage, analyse du phénomène.
La graisse, comme tout un chacun sait, c'est gras. Voire même très crado quand elle est mélangée à de la poussière de bois. Mais la graisse n'existe pas sans raison. C'est un lubrifiant. Et la lubrification n'a qu'un seul objectif, d'éviter l'échauffement des pièces en contact. James Bond est un grand spécialiste de la lubrification mais il doit reconnaître que, jusqu'à présent, il n'a jamais lutiné une perceuse.
En l'occurrence, ayant retiré la graisse durant le nettoyage, les pièces mobiles (à 3000 tours/minute) se sont échauffées de manière anormale. Rien à craindre pour leur intégrité, c'est du bon acier. Mais la température s'est révélée suffisante pour enflammer le gaz de poussières qui s'est accumulé à l'intérieur du boitier pendant le ponçage (deux bonnes heures sans pause). D'oû le boum.
La semaine prochaine, j'invente la machine à laver/radar. Ou l'aspirateur/chaise électrique.

Commentaires

1. Le dimanche 19 octobre 2003, 21:26 par [Inconnu]
2. Le dimanche 19 octobre 2003, 21:30 par [Inconnu]
Ouh la ! attention James ! vous vivez dangereusement !
3. Le mardi 21 octobre 2003, 12:34 par [Inconnu]
Eh, pssst, James, le mec qui fait les gadgets, c'est Q..., pas K.. (ça c'est un des "men in black".
En attendant: un bonbon car tu m'as bien fait rire
Au fait.. ton brushing n'a rien, au moins?
4. Le mardi 21 octobre 2003, 14:37 par [Inconnu]
J'ai cru être chez moi, enfin, y a longtemps, lorsque l'homme qui partage ma vie savait encore reconnaitre un perceuse...
5. Le mardi 21 octobre 2003, 18:38 par [Inconnu]
Cookie >> C'est Q, je sais bien. Mais dans la phrase, dire "J'ai pas besoin de Q pour...", heuu j'ai jugé que ça faisait un peu spécial. Le brushing va bien, je tenais la perceuse à hauteur de la ceinture. Meme pas mal ;-)
Heure Bleue >> Pourquoi, aujourd'hui il ne sait plus ?