Lac des cygnes

Mes beaux-enfants (ça fait bizarre, j'en conviens, mais dire "mon beau-fils et ma belle-belle-fille" l'est encore plus). Bref donc, le fils de mon épouse et la sienne (je vous laisse vous dépatouiller avec ça) nous ont offert, à la Noël, des places pour le Lac des Cygnes. Nous y sommes allés il y a quelques semaines.

La troupe, l'un des innombrables ballets ou orchestres nationaux russes[1], était bonne. J'aimerai en dire plus de bien, mais j'ai quelques scrupules circonstanciels. Une troupe de qualité officielle se serait produite à la Halle aux Grains ou au Théatre du Capitole, ce qui ne fut pas le cas.

De même, l'orchestre était de bonne tenue. Pas parfait, se reposant trop sur les amplis et hauts-parleurs, lesquels noient beaucoup de la subtilité de la partition, mais bien.

Nous avons quand même passé une soirée agréable. Ou presque.

On en dira ce que l'on veut, mais le Zénith, pour des concerts modernes où on est debout ou pour des rencontres sportives, je pense que c'est approprié. Pour un concert ou ballet classique, non, ça ne le fait vraiment pas.

Je ne parle pas que de l'acoustique déplorable, compensée par des hauts-parleurs à cause desquels Tchaïkovsky doit encore tourner dans sa tombe. Je parle plus prosaïquement de l'élémentaire inconfort des sièges, qui tiennent plus des instruments de l'Inquisition que d'une salle de spectacle moderne. Au bout d'une petite heure sur ces machins, tout le monde se tortille plus ou moins discrètement pour essayer de soulager les désagréments subis par les arrière-trains.

Il faut aussi souligner que les places du parterre, supposées être les meilleures, étaient situées en-dessous du niveau de la scène. Nous étions à l'extrémité extérieure du parterre, donc l'angle de vision nous faisait seulement perdre la vue des pieds et bas de jambes lorsque les danseurs étaient sur le fond de la scène. Pour certains passages, je pense à la fin du second acte et aux petits groupes de ballerines qui officient à ce moment, ne pas voir le jeu de jambes et de pieds fait rater l'essentiel de la performance. Je crains fort que les personnes au plus proche de la scène n'aient pu, parfois, que voir des bustes et peut-être quelques tutus.

En résumé, les interprêtes (danseurs et orchestre) étaient de bonne tenue. La salle n'était pas l'écrin digne de l'oeuvre.

Enfin, juste pour l'anecdote, la troupe devait se produire dans le Gers. La représentation a été annulée, faute à l'épizootie aviaire. Il a sans doute été redouté que les mesures sanitaires n'imposent l'abattage de tout le troupeau...

Note

[1] Il doit en pousser une dizaine à chaque chute de bouteille de vodka.