Visiteurs indésirables

Il n'est jamais agréable, quand on revient chez soi, de constater que l'on a reçu une visite en notre absence. Mais deux fois en moins de quatre jours, ça fait quand même beaucoup. Surtout que les visiteurs n'ont rien emporté, tout en mettant pas mal de trucs par terre et en salopant les pièces.

Je n'ai pas réalisé tout de suite qu'il y avait quelque chose de bizarre.

En passant dans la salle de bains, j'ai trouvé dans le lavabo des objets usuellement rangés autour de celui-ci. Surprise et étonnement. Dans la cuisine, j'ai trouvé divers ustensiles au sol, alors qu'ils auraient normalement dû se trouver sur une desserte. Même chose dans le salon, où quelques objets placés sur des étagères ou en haut de bibliothèques se sont retrouvés par terre. L'impression que cela fait est très désagréable.

Alors que je travaillais, j'ai entendu des bruits particulièrement suspicieux venant de la cuisine/salle à manger.

Le premier visiteur était toujours là.

Il n'est parti que parce que je l'ai laissé s'en aller, en ouvrant toutes les fenêtres. C'était un pigeon de nos régions. Mais comment a-t-il bien pu entrer ?

Après élimination des impossibles, il ne m'est resté qu'une seule hypothèse : la cheminée. M'enfin, elle fait bien dix mètres de hauteur, comment un pigeon, aussi con fut-il, peut-il tomber là-dedans ?

Moins d'une heure après cette angoissante interrogation, j'ai eu confirmation de l'hypothèse.

Un petit barouf, je me lève, je vais voir la cheminée, et bingo ! Un con de pigeon s'y trouve, sur ses pattes, l'air un poil étourdi mais sans plus, me regardant d'un oeil où brille l'intelligence aigüe d'un candidat de téléréalité. Rebelotte, j'ouvre les fenêtres, il voit le ciel et s'envole, sans rien saloper cette fois-ci.

Je n'ai toujours pas de réponse à ma question : dix mètres de chute, ça fait quand même beaucoup pour un pigeon. A moins qu'il n'y ait des herbes prohibées qui poussent sur mon toit, je ne comprends pas comment ces bestiaux peuvent être assez étourdis pour faire pareil plongeon.