Train, la promesse de Miyazawa

Madame et moi avons assisté, hier soir, à une représentation de théâtre québéco-japonaise, ou nippo-québéquoise, comme vous voulez. Un très grand moment de plaisir, malgré un thème plutôt délicat à manier.

Les compagnies Théâtre Incliné (pour les québéquois) et Théâtre Kio (pour les japonais) nous offrent un mélange de théâtre vivant, marionnettes, théâtre d'ombres, avec un peu de musique, danse et chant pour faire bonne mesure. Le tout dans une ambiance et une mise en scène qu'il ne m'est possible que de qualifier de "parfaitement japonaise et totalement zen".

Je n'ai pas eu l'impression qu'il puisse y avoir une seule respiration en trop, un seul geste inutile, une seule lumière mal placée dans tout ce qui nous est donné. Même les silences, nombreux et parfois longs, sont naturels et, loin de casser le rythme ou l'histoire, les complètent sans que l'on se pose la moindre question.

La vie et la mort, l'ombre et la lumière, la voix et le silence, le chant et la parole, le mouvement et l'immobilité... on retrouve tout cela (et bien plus), par petite touches d'une infinie délicatesse et pourtant d'une force indéniable.

Je n'ai qu'un seul regret : que le public ait été si peu nombreux. Ce n'est pas faire justice à la qualité de la pièce et des interprètes.