On fait quoi maintenant ?

La journée a été assez difficile. La saisie a duré près de huit heures, dans un contexte quelque peu tendu, au point que la Gendarmerie a laissé quelqu'un sur place pendant les opérations (quand ça se passe bien, les huissiers libèrent rapidement les gendarmes). Dans le cadre de l'ordonnance, nous avons récupéré beaucoup de données. Ces données ne doivent pas être transmises à la société requérante mais seulement analysées par un confrère.

Les données ont été écrites sur un disque externe, au fil de mes opérations techniques. Pas un seul fichier qui n'a été contrôlé par le requis. Certains ont donné lieu à des débats intéressants pour déterminer s'ils entraient ou non dans le champ de l'ordonnance.

J'ai remis le disque à l'huissier en clôture des opérations et nous avons quitté les lieux. Une bonne chose de faite. Je suis l'huissier à son étude, pour quelques aspects paperassiers nécessaires. Dans l'escalier, j'entends soudain une exclamation et, quelques brefs instants après, le bruit de quelque chose qui tombe des marches. Clac, clac, clac... Je vois venir vers moi, très autonome dans son déplacement, le disque dur contenant les données saisies, qui a dévalé une dizaine de marches avant d'arrêter sa promenade.

Un contrôle immédiat a montré que le disque était lisible, mais avec des erreurs internes. Je n'ai pu que conseiller à l'huissier d'en faire une copie dans les plus brefs délais. En espérant que les données seront intactes.