Neuf neuf neuf

Non, ce n'est pas une pub pour un vague opérateur de télécommunications. Seulement, le neuf neuf deux mille neuf à neuf heures neuf, je me suis dit qu'il serait intéressant que je donne quelques signes de vie (et merci aux billets programmés).

J'ai modérément les boules actuellement, au sens non-physique du terme je vous rassure. Rien de réellement grave, juste un changement de perspective. Ce n'est même pas à cause de ça que j'écris peu actuellement.

L'Héritier(TM), après un excellent bac général, poursuit son petit bonhomme de chemin dans une Math Sup très cotée de par chez nous. Comme les trajets chez maman-lycée représenteraient facilement une à deux heures par jour[1], et au su de l'effort que représente une année de math'sup, il a été jugé plus pertinent que le jeune homme soit interne[2]. Ce qui signifie qu'il faut aller le chercher le samedi et le ramener le dimanche soir. Jusque là, me direz-vous, rien de bien spécial, régime internat classique.

Certes.

A un détail près : j'ai moi-même été interne, de la 6ème jusqu'à la math'spé. Dimanche dernier, ça m'a foutu le cafard de ramener le jeune homme à son internat - bien que j'aie d'excellents souvenirs de mon internat de math'sup[3]. Apparemment, me retrouver dans le rôle du père (c'était toujours lui qui nous ramenait à l'internat) ramenant le condamné à sa prison a fait remonter quelques vieux souvenirs et émotions soigneusement enterrés.

Notes

[1] Même quand le tramway sera terminé.

[2] Le connaissant, je pense que ça l'arrange aussi sur le plan Je suis bientôt majeur, j'habite plus vraiment chez maman.

[3] Ce qui n'est pas forcément vrai pour les premières années d'internat, de la 6ème à la 3ème.

Commentaires

1. Le mercredi 9 septembre 2009, 20:41 par Kozlika

On est mercredi et je suis bien contente que ton fils t'ait ramené à ton blog – qui je l'espère n'est pas une prison.

L'Héritier me semble être du genre à ne pas se laisser enfermer en prison sans prendre un bon avocat et contacter les médias. S'il vivait tant soit peu cet internat comme une prison je pense qu'il t'en aurait fait part.

Reste l'effet enfant-gigogne, celui qui est en toi et qui se souvient de sa propre histoire, de sa propre prison et qui se rappelle à toi avec sa cohorte d'émotions enfouies, mais pas enfuies.

Je t'embrasse.

2. Le jeudi 10 septembre 2009, 14:46 par biarrotte

Ici c'est l'effet inverse !
A 18ans, j'étais tellement fière à la fac, et je me sentais si libre, enfin sans "La Famille", que j'ai projeté (inconsciemment) le même enthousiasme sur la nouvelle universitaire "exilée" sur les bords de Loire, et....elle me téléphone tous les soirs en larmes ! Allo Maman bobo, Bouh ouh ouh c'est trop dûr, j'veux rentrer à la maison !
??? Interloquée, je suis toute décontenancée !!!!
Evidemment à la maison, c'est "confort 5étoiles" évidemment....... ;)
mais blague à part, je ne m'attendais pas un seul instant à ce genre de réaction, comme quoi la vie réserve bien des surprises....

3. Le lundi 14 septembre 2009, 18:28 par Nuits de Chine

Kozlika : l'Héritier semble se plaire là où il est, même s'il faut rester prudent car il n'est pas très expansif. Quant aux émotions enfouies, il me paraît préférable de savoir qu'elles sont quelque part plutôt que tenter à toute force d'ignorer leur existence.
Biarotte : il y a plein de choses qui peuvent jouer. La distance, l'absence de repères et de têtes connues, l'autonomie certes associée au statut d'adulte, mais qui peut être angoissante par la responsabilité que cela suppose... J'espère que ce n'est qu'une période qui prendra rapidement fin.

4. Le mardi 3 novembre 2009, 12:38 par Nab

On dit que d'avoir des enfants nous fait revivre toutes ces étapes et les émotions que nous y avons attachées, puis parfois enfouies. En fait, c'est parfois l'occasion de tourner des pages ...