Je ne suis pas une plante verte, bordel !

Parfois, les gens changent avec le temps[1]. Cependant, malgré les jours, les mois, les années qui passent, les cons restent souvent des cons, sans espoir d'une once d'évolution. C'est ce que j'ai pu constater récemment.

Nous avions un repas d'anciens combattants, ou presque, plutôt d'anciens collaborateurs d'une entreprise disparue il y a belle lurette dans un véritable naufrage financier. J'ai donc revu, avec plaisir pour la plupart, avec une pointe de cynisme pour d'autres, des personnes que j'ai croisées durant ma folle jeunesse et que je n'ai pas revues depuis près de 20 ans.

Si vous faites le calcul, et si votre méchanceté ne vous amène pas à me vieillir artificiellement, vous déduirez du chiffre précédent que j'était étudiant ou presque à l'époque des faits. Je finissais mes études, par un stage intégré[2] durant la troisième année d'école d'ingénieur. Ces trois jours, sur une année scolaire, se sont passés dans une toute jeune entreprise qui venait de se créer. En comptant les deux stagiaires (moi et un confrère), nous étions sept. Dont deux dirigeants et une secrétaire, soit seulement quatre personnes pour travailler. Et nous sommes restés sept pendant une année, après quoi l'ego des dirigeants l'entreprise a enflé et les recrutements ont commencé.

Au début, donc, j'était simple stagiaire. Et l'une des personnes avec laquelle je travaillais considérait les stagiaires comme le stade d'évolution juste au-dessus de la plante verte, en cela qu'il n'est pas nécessaire de les arroser ou de leur faire la poussière. Pendant une année, j'ai travaillé quotidiennement avec ce type qui, sauf à avoir un couteau sous la gorge, ne nous a jamais traité comme autre chose que des utilitaires. Après mon embauche (laquelle n'a pas duré longtemps, je suis parti après six mois), l'habitude étant probablement trop forte, je n'ai pas eu droit à plus de considération. Si l'on calcule bien, j'ai travaillé près de 18 mois avec ce gars, sur les quelques projets gagnés par l'entreprise, dans une société où nous étions moins de 10 personnes, dans des bureaux où on pouvait difficilement se retourner sans marcher sur les pieds de son voisin.

Ce type ne se souvenait même pas qu'il y avait eu des stagiaires à cette période. Mais fait-on attention aux plantes et aux étagères du bureau ?

Notes

[1] Je me bonifie tous les jours.

[2] Trois jours en entreprise, deux à l'école.

Commentaires

1. Le mardi 24 mars 2009, 08:54 par TarValanion

Ca me fait penser à la BD "Open Space" decouverte dernierement en librairie, et tout particulierement à ces deux vignettes : http://parentheses.atelier.fr/uploa...

2. Le mardi 24 mars 2009, 10:16 par Ardalia

Le pauvre homme...

3. Le mardi 24 mars 2009, 12:56 par Madame Pas Contente

Ce qui me chagrine (mais ne m'étonne finalement pas tand que ça), c'est que la secretaire ne compte pas dans ceux qui travaillent... Dans le stade de l'évolution, elle se place donc juste en dessous de la plante verte, puisque juste au dessus il y a le stagiaire, qui lui travaille.

4. Le mercredi 25 mars 2009, 17:19 par Nuits de Chine

TarValanion : tout à fait; c'est une excellente BD au demeurant.
Ardalia : beati pauperes spiritu...
Mme Pas Contente : je n'ai pas dit que la secrétaire n'était pas considérée comme faisant partie du règne du vivant et de l'intelligent - seulement qu'elle était "réservée" (sans sous-entendus bizarres) à la direction.