Chose promise...

La lettre est partie en fin de semaine dernière, ils ont donc eu le temps de la recevoir et de la lire. Voici ma dernière prose à destination du Service Clientèle de la Banque Populaire de La Grande Ville. Comme d'habitude, les informations identifiantes ont été modifiées. Les italiques et emphases sont d'origine.

Mademoiselle XYZ
Banque Populaire
Service clientèle
L'Adresse dans la Rue
La Grande Ville

Référence : NuitsDeChine/Plein/De/Chiffres
V/Références : DesChiffres/Et/DesLettres

Le 23 novembre 2006

Mademoiselle,

Je fais suite à votre correspondance du 14 septembre dernier, laquelle a retenu toute mon attention et m'a bien fait rigoler, tant il est que parfois il vaut mieux rire que pleurer.

Je suis dans l'obligation, regrettable mais qui ne m'étonne nullement, de vous prendre en faux sur tous les points. Non pas que la théorie que vous me présentez soit forcément inexacte, mais elle ne correspond nullement à la pratique que j'ai observée depuis ces trois années que je me bats contre la Banque Populaire. Et, dans la vraie vie de tous les jours, seule la pratique compte.

Vous m'informez qu'il est tout à fait possible, sur simple demande d'un de vos clients, de transférer les comptes d'un point de vente à un autre. Croyez-vous, mademoiselle, que je n'ai pas fait cette demande ? Entre décembre 2003 et mars 2006, à chacun de mes passages à l'agence de JoliCoin, soit une bonne vingtaine de fois, j'ai demandé que le compte en question soit ramené sur JoliCoin. J'ai aussi fait cette même demande par écrit auprès (ô surprise) du Service Clients de la Banque Populaire, lequel m'a assuré qu'il ferait le nécessaire. Vous ne pouvez que constater avec moi que le compte n'est jamais revenu à l'agence de JoliCoin.

Vous me dites que je n'ai jamais informé la Banque Populaire de mon souhait de fermer ce compte. Je crains fort que la Banque Populaire ne soit particulièrement dure d'oreille. La demande de transfert, outre qu'elle visait à ramener le compte dans l'agence où il a été ouvert, n'a jamais eu qu'un seul et unique objectif, que j'ai toujours signalé : fermer ce compte. Je n'ai pu le fermer à l'agence de JoliCoin, celle-ci me disant qu'elle ne pouvait clôturer que les comptes dont elle a la gestion. Du fait de mystères que je préfère ne pas chercher à élucider, la Banque Populaire s'est toujours refusé à transférer ce compte de l'agence de ParLàBas (mais qu'allait-il donc faire en cette galère ?) vers celle de JoliCoin. Je n'ai donc jamais pu obtenir la clôture dudit compte, malgré une vingtaine de demandes auprès de l'agence de JoliCoin. Que vous faut-il de plus ? Un huissier ?

Vous me dites avoir pris acte de ma volonté de clore le compte de la Société ABCD. J'en suis fort aise, nous allions arriver au 36ème mois, cela faisait un beau record en matière de gestation. Je suis, de nouveau, obligé de vous prendre en flagrant délit d'erreur. Le compte n'a pas été fermé, puisque j'ai reçu à la mi-octobre un relevé faisant (encore une fois) apparaître des frais de gestion de compte. Relevé rapidement suivi d'un correctif m'extournant ces même frais, comme quoi vous voyez que vous pouvez le faire. Début novembre, j'ai reçu des documents publicitaires vantant les nouveaux services que vous me proposez pour ce compte, à l'évidence toujours ouvert. Il se peut, par un miracle que l'approche de la période de Noël pourrait expliquer, que le compte soit fermé au jour où vous lirez cette lettre. Je ne suis toutefois pas prêt à parier dessus.

Et nous avons fait le tour des trois informations que vous me donnez, qui se révèlent toutes trois erronées. 100% de perdants, c'est un joli score.

Maintenant, si vous le voulez bien, passons aux choses sérieuses :

  • Le compte a été ouvert dans l'agence de JoliCoin en novembre 2000. Dans la négociation avec l'agence, où se trouvaient aussi mes autres comptes professionnels et personnels, il était établi que ce compte n'aurait pas de frais de gestion. Ce point a été respecté à la lettre jusqu'en mars 2003, ce qui est tout à l'honneur de cette agence.
  • Des frais de gestion sont apparus sur le relevé du 31 mars 2003. Je m'en suis ouvert à l'agence de JoliCoin, qui n'a pu que me dire que ce compte n'étant plus géré par l'agence, ils n'y pouvaient mais. C'est à cette occasion que j'ai découvert que, fin 2002, le compte avait tranquillement été déménagé par vos soins, sans aucune autorisation de ma part, sans aucune justification et sans explication. Ceci, ne vous déplaise, s'appelle une faute grave.
  • De mars à décembre 2003, j'ai demandé sans particulièrement insister que le compte revienne à JoliCoin. La SC à laquelle il était attaché étant en phase de dissolution, le problème ne paraissait pas fondamental puisque la clôture du compte était imminente.
  • Toute l'ampleur du problème est apparue en décembre 2003 lorsque, après la clôture et la dissolution de la SC ABCD, j'ai voulu fermer ce compte. Chacune de la vingtaine de demandes de transfert faite à l'agence de JoliCoin entre fin 2003 et décembre 2006 s'est soldée par la même réponse : il faut faire la demande à ParLàBas. Les demandes au service client ont été suivies de la même absence totale de résultat.
  • Bien évidemment, ce qui est vrai pour le transfert l'est aussi pour la clôture du compte. Il eût fallu passer à ParLàBas mais, au risque de vous surprendre, je n'ai pas que cela à faire de mes jours.
  • Et, car il n'y a pas de petit profits, tous les trimestres la Banque Populaire encaissait des frais de gestion sur ce compte que la Banque Populaire m'empêchait de fermer.

Je vais résumer :

Première demande fermeture compte décembre 2003 STOP Solde décembre 2003 : 592 euros 38 centimes STOP Compte déménagé autre agence sans demande ou autorisation client STOP Banque Populaire pas vouloir transférer compte malgré demandes réitérées STOP Banque Populaire rendre impossible fermeture compte STOP Banque Populaire débiter frais gestion sur compte impossible à fermer STOP Client pas heureux STOP Foutage de gueule complet STOP Client exige restitution frais gestion 2003 à 2006 STOP et FIN

J'attends votre réponse avec impatience.

NuitsDeChine


Je dois dire qu'il devient difficile de ne pas être insultant envers mes correspondants. J'ai ainsi failli écrire Je vais résumer, en écrivant lentement pour que vous puissiez suivre et d'autres piques du même genre. Mais je ne veux pas m'en prendre individuellement à une personne. Je considère que c'est la Banque Populaire qui est en faute, pas l'une de ses collaboratrices.

La prochaine étape (je doute que la Banque Populaire réponde ou, si elle répond, qu'elle répare les conséquences de ses erreurs, qu'elle n'a même pas encore daigner reconnaître) sera le médiateur de la banque. J'ai déjà ses coordonnées.

Commentaires

1. Le dimanche 3 décembre 2006, 21:54 par jean-jacques

Pas d'avocat parmi tes relations ? Là, j'ai peur que ce ne soit nécessaire.

2. Le dimanche 3 décembre 2006, 23:46 par Joël

jean-jacques : Je n'ai pas la même impression. Il paraît clair qu'en déboursant quelques centaines d'euros et en effectuant éventuellement un déplacement PartLàBas, Monsieur NuitsDeChine pourrait voir son compte clôturé, mais en l'état, cela exigerait qu'il accepte de s'être vu mis devant le fait accompli selon lequel son compte n'est plus géré par JoliCoin et qu'il consente à payer des frais de gestion qu'il ne doit pas. Il est probable qu'utiliser les services d'un avocat pourrait aider à obtenir raison, mais au risque d'attendre longtemps et de payer plus. Continuer à « négocier » me semble plus intéressant.

3. Le lundi 4 décembre 2006, 09:33 par Anne

"ils n'y pouvaient mais." Oui mais en même temps, tu les cherches, là. Ils vont passer deux ans à comprendre ce que ça veut dire...

Je te souhaite que ça se termine enfin vite, même si une pointe de regret subsistera quant à la lecture de ta correspondance avec La Banque Dont Il Ne Faut Pas Devenir Client...

4. Le lundi 4 décembre 2006, 09:56 par Spica

N'empêche que si tu continues à leur écrire ce genre de courier, ils vont faire exprès de faire durer, juste pour le plaisir de lire chacune de tes lettres ! Je suis sûr que tous les collaborateurs de l'agence de JoliCoin et de ParLàBas ont déjà ajouté ce blog à leurs favoris...

5. Le lundi 4 décembre 2006, 12:53 par Nuits de Chine

Jean-Jacques : comme le dit Joël juste après, je préfèrerai éviter l'étape des avocats. Ca coûte cher, c'est long, et pour un préjudice de moins de 200 euros ça me semble surdimensionné. Ce qui est peut-être la raison de l'attitude rétensive de la Banque Populaire.
Joël : c'est intéressant, je le concède. J'aimerai aussi que ce soit courroné de succès, soyons fous.
Anne : tu crois qu'ils vont mettre si longtemps que ça à comprendre ma lettre ? Ne me fais pas des frayeurs comme ça.
Spica : s'ils viennent sur mon blog, ce n'est pas du boulot (ou alors ils passent par des relais anonymisants). A choisir, je veux bien perdre ces quelques lecteurs et récupérer mes sous.

6. Le lundi 4 décembre 2006, 23:53 par astra

Plus le temps passe et plus tes lettres sont à mourrir de rire ... enfin, j'imagine que de ton côté tu rigoles un peu moins ...

7. Le mardi 5 décembre 2006, 22:57 par Nuits de Chine

Astra : je ne peux pas dire que ça ne me fait pas sourire - mais je suis d'une nature simple et heureuse, je souris de n'importe quoi. Il y a aussi une forme de lassitude, voire d'exaspération.