Absurdus delirium

Raisonnons calmement.

En 10 ans, l'Education Nationale a perdu 500.000 élèves (on appelle ça la démographie, c'est normal; ils ont pas disparu, ils sont pas partis dans le prive; simplement, il y a moins d'élèves aujourd'hui qu'il y a 10 ans). En 2001-2002, 14,9 millions d'élèves et étudiants, chiffres de l'Education Nationale. Donc, diminution de 3,3% environ.
Sur la meme période, le budget de l'EN a augmenté de plus de 15%, représentant aujourd'hui près de 25% du budget de l'état (un peu plus de 400 milliards de francs en 2003-2004; une paille). Toujours en 2001-2002, 59,2 milliards d'euros.

Si l'on suppose qu'il existe une règle linéaire entre le nombre d'élèves/étudiants et le budget de l'EN (ce qui est la logique meme), peut-on en déduire :

  • que si jamais on découvre un moyen miracle pour qu'à l'age de 36 mois les enfants sachent _tout_, sans aucune exception, et qu'alors l'Education Nationale devient _inutile_, le budget de l'EN sera mécaniquement porté à plus de 260 milliards d'euros ?
  • que le seul moyen d'alléger le budget de l'EN est d'augmenter le nombre des élèves, en scolarisant les enfants dès 18 voire 12 mois ?
  • que lorsqu'il y aura 19.47 millions d'élèves/étudiants, le budget de l'EN sera NUL ?
  • qu'à partir de 20 millions d'élèves/étudiants, l'Education Nationale RAPPORTERA DE L'ARGENT à l'Etat au lieu d'en couter ?
  • que si tous les français (60 millions de personnes) retournaient à l'école/collège/lycée/université, l'Education Nationale rapporterait immédiatement 540 milliards d'euros à l'Etat, soit PRES DU DOUBLE de l'actuel budget de l'Etat.
Conclusion : y'en a deux possibles.
  • il est normal que le budget de l'Education Nationale augmente alors que le nombre d'élèves/étudiants diminue. Dans ce cas, la conclusion logique est que TOUT LE MONDE DOIT RETOURNER en classe, et nous aurons l'un des Etats dont le budget sera le plus bénéficiaire de toute l'histoire de l'humanité.
  • il n'est pas normal que le budget de l'Education Nationale augmente alors que le nombre d'élèves/étudiants diminue. Alors où est l'erreur ???

Commentaires

1. Le mardi 3 avril 2007, 13:39 par jerome

Je tombe par hasard sur ce post. Je ne suis pas enseignant, je le precise, mais je vous fais quelques observations: 1- Une hausse cumulée de 15% sur dix ans, c'est moins que l'inflation. Il y a donc eu une baisse du coût de l'éducation nationale, qui résulte des éléments suivants: 2- La baisse des efectifs dans le premier et le second degré allant de pair avec une hausse dans le supérieur, qui est plus coûteux. 3- Le contenu du cursus a varié, donc vraisemblablement son coût (hors coût salarial) aussi. 4- Le périmètre de l'éducation nationale en terme de missions s'est probablement étendu avec le rattachement d'établissements medico sociaux et l'accueil de nouveaux publics, ce qui a dû avoir un coût positif. 5- Le périmètre de l'éducation nationale en terme d'établissements n'est pas constant: certains ont été supprimés, d'autres crées. L'effet sur le coût de fonctionnement est incertain. 6- Les délégations de compétences d'invetsissements aux collectivités ont supprimé ce poste budgétaire. 7- La pyramide des ages des agents titulaire n'est pas stationnaire, d'où un effet ancienneté positif sur la masse salariale. 8- Il y a eu une massification du recours à des agents non titulaires de l'éducation nationale, d'ou un effet sans doute négatif sur la masse salariale. 9- Et finalement certains agents ont été transférés aux collectivités, avec encore un effet négatif sur la masse salariale.

Alors vous voyez, la linéarité du rapport etudiants/coûts....