Nuits de Chine, nuits câlines

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mardi 12 avril 2011

Une étrangère en France

Du fait du titre de cette note, vous supposez (à bon escient) que je vais évoquer ma CeT. Plus précisément, je vais évoquer des difficultés récentes que ma CeT rencontre dans son travail. L'histoire se termine modérément bien pour elle, même si tout n'est pas encore écrit. Voilà, vous êtes prévenus...

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vendredi 1 avril 2011

Direct du droit dans les dents

C'est probablement évident pour tout composant d'un couple mixte[1] : les différences culturelles constituent une difficulté significative. Je ne parle pas de la culture relative à Victor Hugo ou Philippe Dard, à Mozart ou NTM, je parle de tous ces machins que l'on peut rattacher à une origine géographique. Genre culture africaine, européenne, asiatique ou slave.

Ces différences culturelles correspondent à une perception du monde[2] différente, une façon de voir les interactions entre personnes, tout ce genre de choses. Très élusives, sujettes à plein d'interprétations souvent erronées, elles sont quand même là, bien qu'il ne faille pas tomber dans les clichés.

Par exemple, entre la culture européenne et la culture slave, il y a une différence très importante : ils sont vachement plus directs que nous. Genre on dit ce qu'on pense quand on le pense, sans prendre de gants particuliers. Je vous assure qu'il faut s'habituer. Avec un peu de pratique, je dois dire c'est plutôt pratique et efficace, quand c'est fait sans méchanceté[3]

Ce soir, chose horrible pour moi et mes oreilles, ma CeT regarde Factor A[4], l'équivalent russe de X Factor. Je mettrai de côté les potentielles horreurs sonores et chorégraphiques, qui sont certainement l'un des points de convergence de plein de cultures, pour me concentrer sur le jury. Les quelques très courts extraits de X Factor que j'ai pu supporter m'ont donné l'impression d'un jury qui, même quand il élimine un candidat, reste gentil.

Ben chez les russes, non. Candidate virée après cinq secondes d'audition, commentaires assassins pour lesquels il n'est même pas nécessaire de parler le russe pour comprendre que le gonze se fait sévèrement rhabiller, membre du jury qui interrompt l'entrée en scène dandinante d'une oie quelconque en lui demandant pourquoi elle se trémousse comme ça... Question dire ce qu'on pense, ça se pose là.

D'un autre côté, les horreurs sonores ou chorégraphiques sont mécaniquement limitées par ces coupures. Quand je disais que c'est pratique...

Notes

[1] Pas au sens des différences de genre.

[2] Quand bien même ça ne signifie pas grand chose.

[3] Et ma CeT est tout sauf méchante avec moi.

[4] Elle est totalement déprimée à cause de son boulot, il faut qu'elle se nettoye le cerveau.

dimanche 13 février 2011

Conduite supervisée

Chérie a l'autorisation de conduire ma voiture, en ma présence, afin de parfaire sa maîtrise de la conduite. Ca se passe plutôt bien, même si comme beaucoup de mâles je peste et râle sur la conduite féminine.

Cela étant dit, Chérie est quand même capable de beaucoup d'originalité[1]

Sortie du travail, je vais la chercher, il est convenu qu'elle conduise. Il est un peu moins de 21 heures, la voiture est sur un parking de centre commercial, il fait sombre mais pas de pluie, tout devrait bien aller. Chérie s'installe, règle le siège et les rétroviseurs, allume les phares, engage la marche arrière, embraye...

Rien ne se passe. Rien du tout, la voiture ne bouge pas d'un pouce.

Petit juron, elle repasse au point mort[2] puis engage de nouveau la marche arrière, embraye...

La voiture ne bouge pas.

Second grognement de mauvaise humeur, elle vérifie tout et décide de déserrer le frein à main. Je me garde bien de sourire, elle repasse la marche arrière, embraye...

La voiture ne toujours bouge pas.

Un ange passe. Elle me regarde, ou plus exactement elle me fusille du regard. La tension est à son comble.

Chérie, si tu démarrais le moteur, je crois que ça irait mieux. Je dis ça comme ça, hein, je peux me tromper.

Je sais, la seconde phrase n'était pas très maligne. Je dors sur le canapé depuis une semaine.

Notes

[1] C'est aussi pour ça que je t'aime, voui.

[2] Parce que parfois la marche arrière semble engagée mais ne l'est pas, c'est une voiture française, faut pas poser de questions.

mercredi 9 février 2011

Il me manque une compresse, vous ne pouvez pas le refermer...

Cette petite phrase ne vous dit probablement rien, sauf si vous travaillez dans un bloc opératoire ou connaissez bien quelqu'un qui y travaille. C'est le genre de phrase qu'une infirmière peut dire à un chirurgien, lui interdisant de refermer le patient sur la table d'opération parce qu'elle n'a pas le bon compte des compresses utilisées. L'idée est évidemment d'éviter de refermer le patient en laissant des machins pas prévus dedans.

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mardi 4 janvier 2011

L'angoisse de l'intervention

J'ai repris sans même me fatiguer le titre d'une note de mon confrère Zythom. D'abord parce qu'il le vaut bien et ensuite parce que je traite exactement du même sujet.

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mercredi 29 décembre 2010

J'me fait un p'tit joint

Je dois le reconnaître, la situation était idéale : un rapport qui me gonfle à rendre pour avant-hier, une température sympatique pour un 29 décembre, du soleil... Tout concourrait pour que je -délaisse mon rapport- prenne le temps de réfléchir à ce que je vais dire dans ce rapport.

Et donc je me suis attaqué à un petit projet qui me gonflait aussi depuis longtemps (mais moins fort que le rapport) : des joints de fenêtre à refaire. Je conçois dès à présent votre étonnement : en quoi de simples petits joints mériteraient-il une note ? A ma décharge, je doit souligner que ce sont des joints de fenêtres à double vitrage, ces dernières étant d'un seul tenant (en gros, 40 sur 120 cm).

Il s'avère que, sur les trois fenêtres (donc les six battants) de mon salon, le joint extérieur de bas de vitrage est très dégradé. Sans doute l'effet conjugué des intempéries et du soleil, la façade étant là tournée vers le sud-ouest. Tous les vieux du village (dont je fais maintenant partie) vous diront que le mauvais temps vient du sud-ouest.

Bref, ces joints sont à changer si je veux que l'eau ne s'infiltre pas entre le vitrage et le cadre en bois. Il ne s'agit pas d'un joint en silicone (c'eut été trop facile) ni en mastic, mais d'une lamelle en plastique, pratiquement comme les joints de calfeutrement que l'on place sur les embrasures de portes ou de fenêtres.

N'hésitant pas un instant devant la possibilité de ne pas avoir à payer quelque chose, j'ai interrogé le fabricant en parlant de garantie et de service après-vente. Après quelques échanges très aimables de courrier, et une visite sur son site de vente, il m'a fait parvenir un rouleau de joint. Niveau 1 terminé.

Ensuite, je me suis de nouveau rendu au site de vente afin de me faire expliquer l'opération de changement de joint. Parce que, malgré l'apparente simplicité de la manoeuvre, ça ne me semblait pas si trivial que ça. D'autant plus que je ne voyais pas du tout comment faire pour retirer le joint existant, bien coincé entre la vitre et le montant en bois. Le responsable de l'après-vente a passé une quinzaine de minutes à m'expliquer, en me montrant où et quoi dévisser sur une fenêtre de démonstration. Niveau 2 terminé.

Dans la théorie, c'est trop facile : trois vis en tout et pour tout. On retire les deux vis du montant vertical "central" (celui sur lequel se trouve la poignée), on retire la vis du montant inférieur (là où se trouve le joint à changer), les deux montants s'enlèvent, on retire l'ancien joint, on met le nouveau et on revisse. Dans la pratique, c'est une autre paire de manches.

Pour une raison simple. Deux, même. Simples toutes les deux.

La première raison, c'est que si on démonte le cadre, le double vitrage n'est plus retenu par rien. Il est seulement glissé dans les rainures du cadre. Les joints en plastique faisaient légèrement ventouse, mais la durée de vie de cette adhérence s'est révélée plutôt brève. Par chance, lorsque ce foutu double vitrage (15 kilos à mon avis) a commencé à se barrer, j'étais en train de démonter la troisième vis qui m'intéressait. Et ça n'a pas glissé d'un seul coup, juste descendu de quelques millimètres. Il était toutefois évident que la chute risquait d'être plus dramatique si j'ôtais le montant inférieur du cadre. J'ai donc gentiment déposé ce foutu double vitrage, pour constater immédiatement après qu'il était plutôt coupant. Dire que j'ai mis du sang partout est un euphémisme. Si je disparais soudainement, les enquêteurs pourront penser que je me suis fait trucider chez moi, du fait des nombreuses traces de sang qu'ils vont y trouver[1].

La seconde raison, c'est qu'un joint neuf de type "joint de calfeutrage", c'est très épais par rapport à l'emplacement où on souhaite le mettre. C'est d'ailleurs le but : la compression oblige le machin à "remplir" l'espace disponible. Mais pour mettre un joint neuf de ce type entre le montant (certes démonté) d'une fenêtre et le vitrage, il faut se lever tôt ou disposer d'un outillage spécial, toutes deux qualités qui m'ont cruellement fait défaut. Allez mettre un truc donc l'épaisseur est, non compressé, légèrement supérieure à un millimètre dans un espace d'environ un quart de millimètre. J'ai essayé pendant près de quatre heures, sans aucun succès. Quand je tentais de repositionner le montant sur le vitrage, ou le vitrage dans la rainure du montant, ce fut toujours un échec critique.

Je n'ai pas trouvé de solution. La nuit arrivant, et la température baissant, j'ai remonté (difficilement, puisqu'il faut glisser ce foutu vitrage qui pèse des tonnes dans les rainures du cadre avant d'espérer pouvoir visser quoi que ce soit) la fenêtre. Et je m'accorde maintenant le temps de la réflexion. Deux ou trois années, au moins. Niveau trois raté, en beauté.

Notes

[1] Chérie, tu es prévenue.

jeudi 23 décembre 2010

De la taupinière à l'Himalaya

Comme nous n'avons pas froid aux yeux dans la famille, il est normal qu'un petit succès nous encourage à passer directement à une étape très supérieure.

Ainsi que je l'ai raconté dans ma précédente note, l'Héritier s'est amusé à réinstaller complètement un EeePC. Il a testé Ubuntu Netbook et Jolicloud, les deux marchent bien[1].

Ca, c'était la taupinière : hormis de créer une clé USB sur laquelle l'ordinateur puisse démarrer, il n'a guère fait que cliquer sur les boutons idoines. Le logiciel faisait le reste.

Aujourd'hui, son (futur) ordinateur portable est arrivé. Genre avec rien du tout sur le disque dur.

L'Héritier est en train d'installer Gentoo dessus. C'est-à-dire que d'un coup il se confronte au partitionnement des disques, à la création de systèmes de fichiers et à leur formattage, à la compilation d'un noyau (avec les choix des pilotes de péripériques appropriés), à la configuration de tous les petits trucs qui font que ça va marcher (réseau, authentification, fuseau horaire, clavier, etc.), bref à tout ce qui distingue un vrai du vulgaire.

Et il me donne une foutue migraine avec toutes ses questions.

Salauds d'enfants.

Notes

[1] Il reviendra à une tierce personne de décider ce qui sera installé in fine sur la bécane.

dimanche 19 décembre 2010

Mini-geek

Austin Power a son Mini-moi, j'ai mon mini-geek[1].

Je suis temporairement entré en possession d'un eePC hors service, avec la mission si vous l'acceptez de le ramener à la vie sous une forme quelconque. Ayant une foule de chats à fouetter actuellement[2], j'ai remis le machin à l'Héritier il y a une vingtaine de minutes à tout casser.

La machine a démarré sans difficulté sur un OS totalement alternatif que le Jeune Homme trimbale sur une de ses clés USB. Il est maintenant en train de vérifier les principaux composants (disque SSD, mémoire, etc.) pour s'assurer qu'ils fonctionnent correctement. Et, en parallèle, de chercher un bon OS pour netbook qui tiendrait sur la bécane, laquelle doit ensuite éventuellement être confiée à un néophyte presque total.

C'est cool, je vais pouvoir sous-traiter plein de trucs techniques maintenant, et je n'aurai même pas à le payer.

Notes

[1] Quoi que mini ne soit pas vraiment adéquat, il fait quelques centimètres de plus que moi.

[2] Mais pas celui qui m'a bien occupé la semaine dernière, j'te jure Chérie.

lundi 6 décembre 2010

Le célibat, c'est pas forcément la joie

Ma CeT est retournée en Ukraine, pour une semaine. Cela faisait plus de 6 ans qu'elle n'y était pas allée et n'avait pas vu son fils ainé. Autant dire que, sur la fin de la semaine dernière, elle était tellement excitée qu'elle aurait pu alimenter en électricité une petite ville.

Moi, bonne poire, je me disais juste bon ben voilà une semaine pendant laquelle on va me foutre la paix je vais pouvoir travailler longtemps et tard.

Quel naïf ! Car ma CeT est certes en Ukraine, mais le chat, lui, est en France. Chez moi.

C'est la première fois de ma vie que j'ai à négocier l'espace sur mon bureau, voire même l'accès à mon clavier. L'animal se met dessus[1], cachant mes papiers et mes notes. Pour être précis, le bestiau semble détecter avec un instinct pratiquement infallible ce dont je vais avoir besoin dans les cinq minutes qui viennent, et il s'allonge dessus. Lorsque, par chance, il dédaigne la surface horizontale de mon bureau, c'est pour jouer avec les (nombreux) stylos dont j'use et j'abuse. Stylos qu'il me faut aller quérir sous les canapés plus souvent qu'à mon tour.

Pitié, Chérie, reviens vite, j'en peux plus de ce monstre.

Notes

[1] Chose qu'il ne fait jamais au domicile de ma CeT.

mercredi 1 décembre 2010

Négociation express

Mes radiateurs sont en panne. Pas tous, heureusement, mais environ la moitié : les têtes thermostatiques sont grippées, et rien n'y fait, elles ne s'ouvrent plus. Ce qui, par les basses températures que nous rencontrons actuellement, peut se révéler désagréable : il fait 15 degrés dans la maison. J'ai donc décidé de changer toutes les têtes (qui ont le même âge, et je subodore que celles qui marchent ne sont peut-être pas loin de demander leur retraite non plus; tant qu'à faire passer un plombier...).

Rendez-vous est pris pour demain. Mais la société qui doit intervenir m'a appelé ce matin. Evidemment, un appel juste avant un rendez-vous ne peut pas être une bonne nouvelle.

Nous avons un petit problème, lorsque nous avons planifié votre rendez-vous nous n'avions pas noté qu'il fallait changer toutes les têtes des radiateurs, la demi-journée prévue ne suffira pas, il faut reporter le rendez-vous.

Je dois préciser que le devis fait bien état du nombre de radiateurs à traiter, et que lorsque le plombier est passé il m'a clairement dit qu'il faudrait toute une journée de travail. L'information ne semble pas être correctement remontée jusqu'à la planification.

A la proposition de la charmante dame, je réponds qu'on se pèle sévère chez moi sans chauffage[1], même si je souligne qu'il y a les cheminées et que ce n'est pas non plus la Sibérie.

Je comprends, mais c'est vraiment impossible, il y a plein de rendez-vous dans l'après-midi que nous ne pouvons pas reporter, vraiment, ce n'est pas de la mauvaise volonté de notre part mais là il faut remettre l'intervention à la semaine prochaine.

Je sors donc le fusil qui marche presque toujours.

Bon, je veux bien reporter le rendez-vous d'une semaine, mais c'est dur pour nous à vivre, il va falloir nous faire une réduction sur le prix de l'intervention parce qu'après tout nous avons pris rendez-vous il y a dix jours et vous vous êtes trompée quelque part.

Elle m'a rappelé en début d'après-midi. Le rendez-vous de demain est confirmé, ils ont pu décaler tous les autres rendez-vous.

Notes

[1] Il faut toujours exagérer un peu, les p'tits vieux qui grelottent dans leur maison, ça marche bien.

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