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lundi 29 octobre 2007

Ne changeons pas une équipe qui gagne

Il y a de celà un peu moins d'un an, je vous narrais mes aventures au magasin C. de B., grande enseigne de bricolage fraîchement installée par ici. En ce temps-là, je cherchais diverses pièces afin de monter mon éclairage d'escalier, dont vous avez pu admirer le résultat intermédiaire puis l'ensemble finalisé. Ainsi que vous pouvez le constater sur les photos, le luminaire est composé de plusieurs lampes (12 volts), chacune dans une petite sphère de verre. L'angle de prise de vue occulte un détail important : il manque une ampoule, car ma maladresse m'a fait casser une verrine lors du montage.

Ca c'était il y a un an. J'ai mis une année pour récupérer les pièces manquantes, mais je dois dire que ce n'est pas la faute des collaborateurs du C. de B : je n'ai trouvé l'occasion de repasser à ce magasin qu'un peu après la dernière mi-août. Une grande partie du délai m'incombe donc complètement. Toutefois...

Juste après la mi-août, je passe au magasin où j'ai acheté mon éclairage en novembre dernier, je me dirige de mon pas conquérant vers le rayon électricité, et j'y interpelle avec une infinie courtoisie une vendeuse du rayon.

"Bonjour mademoiselle, je suis à la recherche d'une pièce de remplacement pour l'éclairage basse tension de la marque Tagada, référence PleinDeChiffres.
- Attendez, je vais regarder", fait-elle en s'approchant de son ordinateur. Elle tapote les chiffres que je lui ai donnés, directement récupérés sur l'emballage dudit éclairage[1]. Le verdict tombe comme le couperet de la guillotine :
"Désolé Monsieur, nous ne vendons pas ce produit.
- Vous m'en voyez fort surpris mademoiselle, je l'ai acheté ici en fin d'année dernière et vous en avez en démonstration, regardez là-haut, et là, il y a même les boîtes pour ceux qui veulent en acheter. La référence que je vous ai donnée est la même que celle imprimée sur ces boîtes.
- Peut-être Monsieur, mais l'ordinateur dit que nous n'avons pas ce produit, c'est tout."

Contrairement à ce que ce court dialogue pourrait laisser craindre, la damoiselle n'est pas obtuse. Elle comprend bien qu'il y a une incohérence quelque part et se lance dans quelques autres investigations informatiques, pour en arriver à la conclusion que le produit existe réellement, mais qu'il est identifié sous une autre référence n'ayant rien à voir avec ce qui est marqué sur les boîtes[2]. Elle regarde s'il y a des pièces détachées en stock, tout en me prévenant que c'est peu probable vu leur fragilité (ça, je sais, merci de la confirmation). Pas de pièces en stock, il faut commander. Elle appelle le fabriquant (ou le revendeur, le grossiste, je ne sais trop), ça papote un peu, et enfin....

"Voilà, la commande est passée pour deux verrines[3] de remplacement. Ca devrait arriver dans trois semaines environ, vers la mi-septembre. Laissez-moi un numéro de téléphone, je vous appellerai dès que c'est là, il faudra venir rapidement les chercher parce que comme c'est fragile elles risquent de se casser dans le stock."

Je laisse mon numéro de portable, dûment noté dans un grand cahier, et je m'en vais, le coeur léger, confiant dans l'avenir radieux qui s'offre à moi.

A la mi-octobre, la radiance de l'avenir a du plomb dans l'aile. Je repasse au C. de B. afin de m'enquérir de ma commande. C'est une autre demoiselle que j'interpelle, toujours avec courtoisie et un grand sourire, en contraste avec la phrase que je prononce : Bonjour mademoiselle, je viens râler comme un putois parce que je ne suis pas content du tout.

S'ensuit la relation des événements, une recherche desespérée dans le cahier de la trace de ma demande (finalement trouvée par mes soins, ce qui est logique vu que je reconnais facilement mon nom et mon numéro de téléphone). Confirmation est donc faite que j'ai bien passé une commande, qui s'est quelque peu perdue dans les méandres du C. de B.

On me promet de faire le nécessaire et de me recontacter dans la semaine pour me tenir au courant. Je quitte le magasin avec le léger espoir d'enfin récupérer mes verrines de remplacement. Et le miracle s'accomplit, le jeudi suivant j'ai un message me disant qu'ils ont bien en stock une verrine. Si j'en veux deux, il faut que je le leur confirme pour qu'ils commande la seconde. Je rappelle pour dire que mon besoin réel est d'une seule pièce, la seconde étant juste une sécurité pour l'avenir. On m'enjoint alors de passer récupérer ma commande. Ouf, le bout du tunnel n'est pas loin.

Mercredi dernier, je passe. Pas de chance, les deux personnes qui connaissent toute l'histoire ne sont pas là et c'est un vendeur qui doit me supporter. Je répète l'histoire, il constate que le produit (toujours en rayon) n'est toujours pas vendu par l'enseigne ha mais si mais sous une autre référence interne hahaha l'informatique décidément. Et il va voir au stock pour mes pièces. Le Père Noël étant en avance cette année, il revient avec deux verrines. Je vérifie que ce sont les bonnes (ça y ressemble bien), mais je suis ennuyé qu'elles ne soient pas emballées ne serait-ce que dans un carton : vu leur remarquable fragilité, l'espoir de survie de ces trucs dans le coffre de ma voiture est minime. Le vendeur n'a pas de solution à me proposer, lorsque j'avise dans la poubelle un demi-rouleau de papier peint très épais qui ferait une excellente protection. Il enrobe les pièces et me les donne.

Nickel. Tout est bien qui finit bien, il ne me reste plus qu'à jouer mon rôle de client, c'est-à-dire à passer à la caisse. Je ne suis cependant pas au bout de mes surprises. Le vendeur me dit Je vous accompagne, pour que vous puissiez sortir. Remarque un peu étonnante que je ne comprends pas bien :
"Attendez, il faut que je passe à la caisse quand même.
- Pourquoi, vous avez d'autres produits à acheter ?
- Non, mais il faut bien que je règle ceux-ci, fais-je en montrant les deux verrines que je tiens préciseusement.
- Haaa mais heuuuu... il faut que je vous sorte une fiche alors.
- Ca me paraît une bonne idée, que la caissière puisse connaître le montant à régler.
- Mais heuuuu... vous avez votre numéro de commande ?
- Non, je n'ai rien d'autre que ce qui a été noté sur votre cahier.
- Heuuu jeuuuu.... Si vous n'avez pas de numéro de commande, je ne peux pas vous établir une fiche pour la caisse, je ne connais pas le prix de ces produits."

Je me voyais déjà privé de mes deux trophées du fait de l'impossibilité apparente d'y attribuer une valeur financière compensatoire. En fait non :

"Bon, si vous n'avez pas de numéro de commande, il n'y a pas eu de commande. C'est du SAV, remplacement gratuit, je vous accompagne à la sortie et on n'en parle plus."

Et on n'en parla plus.

Notes

[1] Je garde quasi-religieusement les emballages tant que tout le projet n'est pas terminé.

[2] Bonjour le cauchemard du service après-vente.

[3] J'en ai demandé deux car, avec leur fragilité, je me méfie.

vendredi 26 octobre 2007

Ca, c'est mesquin

Un peu après la mi-octobre, je suis intervenu en tant que formateur dans une émanation d'une école de commerce d'ici. Pour que les étudiants puissent à peu près suivre mes élucubrations, j'envoie mes supports de cours à l'avance afin qu'ils soient reproduits. Ce qui, en l'occurrence, a donné lieu à un échange électronique un peu ubuesque.

"Pour que les étudiants disposent des supports, à qui dois-je les envoyer pour la reproduction ?
- Envoyez-les à Mme B (suivi d'une adresse postale).
- Ne serait-il pas plus simple de vous envoyer un PDF par courrier électronique ?
- S'il n'est pas trop volumineux, si.
- Il fait 50 pages recto-verso[1].
- Alors non, nous ne pouvons pas imprimer un tel volume.
- Vous me dites que vous allez reproduire en 20 exemplaires mon support de 50 pages, mais que vous ne pouvez pas imprimer 50 pages ?
- Exactement."

C'est probablement une histoire d'imprimante au secrétariat, qui n'a rien à voir avec l'équipement du service de reprographie. Tout de même, quand on connaît la tarification quelque peu élevée de la scolarité dans ces écoles, je suis étonné qu'ils ne disposent pas d'une imprimante adéquate. Même moi, radin par excellence, j'en ai une.

Notes

[1] Mes cours sont détaillés, il faut assommer les étudiants dès le début comme ça ils n'osent plus rien dire.

mercredi 24 octobre 2007

Et de deux...

Dimanche dernier, c'était la seconde itération (pour la saison 2007/2008) des Cantates sans filet jouées par l'Ensemble Baroque de Toulouse. Je n'ai aucune vergogne à donner mon avis, quand bien même ma compétence en la matière frise le zéro absolu. Un blog, ça sert à ça. Et toc.

Bon alors pour commencer, il faut se rappeler

  • que les musiciens ont travaillé individuellement leur partition,
  • qu'il y a environ 90 minutes d'intégration et de réglages avant le concert proprement dit,
  • que le chef d'orchestre fait ses remarques au micro, autant pour l'orchestre que pour l'édification de toute l'assemblée, et
  • que personne n'est là pour se prendre la tête.

Cela dit, j'aime pas trop qu'on me prenne pour une nouille. Parce que c'est bien gentil, les dialogues entre le chef d'orchestre et certains intreprètes, genre Non là cette note elle est pas possible, ce devrait plutôt être telle autre note ou bien Hmmm à tel endroit, tu me rajoutes un ré, ça passera mieux mais hein faut pas vous la jouer non plus. Vous aviez l'air vachement satisfaits de vos modifications, mais j'ai bien écouté, il n'y avait aucune différence cré nom d'un p'tit bonhomme. Alors on m'la fait pas à moi taratata.

Et puis ces instruments de la mort que vous nous sortez, comme le hautbois de chasse de dimanche dernier ou je ne sais plus quelle flûte la fois précédente. Vous croyez que je viens à ces concerts pour mesurer toute l'étendue de mon inculture musicale ? Tsss.

Après ces remarques liminaires qui me paraissent bien utiles afin d'éviter que pareilles erreurs ne se reproduisent...

C'est bluffant, ce truc. Vraiment. Outre que les cantates peuvent être superbes (le premier passage de celle de dimanche dernier était magnifique, avec un thème au violon d'une grande beauté), les instrumentistes, les choristes, les solistes et le chef d'orchestre sont vraiment bons. Voir l'assemblage de la cantate, écouter les différences entre un premier jet et celui corrigé par le chef d'orchestre, sont des expériences assez uniques... Ainsi, dimanche, il y avait un passage où deux flûtes différentes devaient jouer à l'unisson, alors qu'elles ne sont pas accordées de la même façon (si j'ai tout bien compris). Le premier jet avait quelques dissonnances désagréables, mais le second (et le jeu final durant le concert proprement dit) furent... hmmm... j'en frissonne encore.

Les solistes sont remarquables. Dimanche dernier, nous avions un solo de haute-contre (première fois que j'entendais ce registre, en solo en tout cas) qui valait le détour (ce qui ne signifie pas que la soprano et le ténor n'ont pas été bons; ce sont juste des registres qu'on entend plus souvent).

Et enfin, parce que ça fait partie de la tradition, le dernier choeur est toujours répété puis chanté avec le public (ceux qui le veulent bien). Ca fait un drôle d'effet de ne plus être devant la musique mais dedans.

Bref, si vous avez deux heures de libres, la prochaine c'est le 18 novembre, je ne saurais que trop vous encourager à venir.

vendredi 12 octobre 2007

Il ne faut pas dégainer trop vite

Peut-être vous en souvenez-vous : j'ai reçu, en avril dernier, la visite d'une contrôleuse qui venait en mes pénates vérifier que je ne disposais pas de télévision. J'attendais la suite, arrivée au courrier hier avec ma taxe d'habitation : Vous occupiez au 1er janvier une résidence équipée d'un poste de télévision, 116 euros.

Je vous passe la (longue et obscène) litanie de jurons qui m'a échappé. J'étais furieux.

Nonobstant cette juste colère, j'ai appelé les services du Trésor pour exprimer toute ma révolte et mon indignation. Comme il se doit lorsque je m'adresse à une personne physique, fut-elle représentante d'une entité honnie, je suis resté poli, pas même agacé ni rien. L'énervement est inutile dans une telle situation, probablement contre-productif, et généralement ridicule.

Et le brave homme, loué soit son nom, m'a juste dit, après vérification, que oui, c'est normal, vous n'avez pas coché la case 0RA[1] sur votre 2042K.

Oups.

Il ne me reste plus qu'à faire une gentille lettre demandant le dégrèvement. Et à ne pas oublier cette case les prochaines fois.

Notes

[1] La case Zéro RA signifie probablement Zéro Redevance Audiovisuelle.

mercredi 10 octobre 2007

Test de dépistage, suite

Une brève note pour faire suite à la précédente. Mon problème est donc d'obtenir mon bilan sanguin, avec la sérologie HIV (négative, c'est bien, mais il faut que ce soit écrit quelque part). La procédure (en tout cas celle qui a marché pour moi) est la suivante :

  1. appeler son médecin, pour faire confirmer que la sérologie est négative (si elle était positive, le médecin devrait vous appeler directement; c'est un bon test indirect du résultat, d'ailleurs),
  2. demander au médecin de faire une photocopie du résultat sérologique,
  3. muni de cette photocopie, aller au laboratoire qui a fait le prélèvement et les examens,
  4. demander la copie non expurgée des résultats,
  5. se préparer à expliquer au laboratoire pourquoi, nom d'un chien, on veut les résultats complets (il semble que dire c'est pour l'information de ma[1] partenaire soit un bon argument s'il est répété au moins trois fois),
  6. vérifier que c'est bien la version non expurgée (le dossier médecin),
  7. repartir avec le précieux document.

Ouf ! J'ai mon sésame.

Notes

[1] Ou mon, toujours selon les genres et les goûts.