Nuits de Chine, nuits câlines

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 6 septembre 2004

Le trentième siècle...

Il est des évidences qui nous échappent, à nous les adultes (ouais bon d'accord, les vieux), mais pas à tout le monde. La preuve.

"Je vois pas pourquoi on s'affole sur ces histoires d'obésité, c'est dans le sens de l'histoire", assène le jeune homme.
"Ha bon ? Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Ben le prochain millénaire sera celui des obèses, c'est clair.
- Le prochain millénaire ? Pourquoi pas le nôtre ?
- Non, le trentième siècle tout particulièrement, pendant 100 ans les obèses règneront sur notre planète. C'est écrit.
- ???
- Ben oui, 30, en chiffres romains, ça peut s'écrire XXL."

jeudi 2 septembre 2004

Anecdote de vacances - 2

Le titre pourrait aussi être plomberie et sorcellerie

Il ne fait guère de doute, du moins pour tout lecteur un peu régulier de mon carnet, que la plomberie et moi ne cohabitons pas excessivement bien ensemble. Durant mon stage sportif annuel, j'en ai encore eu confirmation.

Le sport, c'est bien. Mais six heures d'entraînement par jour, pendant une semaine, c'est un peu difficile, même pour moi. Toutefois, s'il est une chose appréciable dans ces moments-là, c'est la douche de fin de journée. Comme nous n'étions pas hébergés dans un centre sportif  mais au domicile du prof, il n'y a pas de salle de douche comme dans un vestiaire, mais juste une salle de bain, et la douche n'est pas une vraie douche, mais c'est la baignoire, ce qui n'a rien d'exceptionnel ni même de rare. Dans ce genre de situation, le rituel est toujours un peu le même : on règle la température de l'eau au mélangeur, et zoum vas-y que je te lave tout ça.

Le mélangeur est composé classiquement d'un robinet d'eau chaude, un autre d'eau froide, le tuyau de la douche et le robinet pour remplir la baignoire. Et un petit bouton pour choisir si l'eau va sortir par le robinet ou par la pomme de douche. J'espère que vous suivez. Sinon, allez dans votre salle de bains, il est probable que vous avez exactement la même chose. Adoncques, j'ai dû froisser un (ou une) initié(e) de niveau au moins quarante-douze, parce que le petit bouton d'aiguillage de l'eau était manifestement ensorcelé, et uniquement pour moi.

Ces équipements ultra-modernes fonctionnent à l'aide d'un ressort et de la pression d'eau. Dès que ladite pression d'eau n'est pas suffisante, le ressort de rappel entre en action et oriente l'eau vers le robinet de remplissage et non plus vers la pomme de douche. C'est pratique, comme ça quand on coupe l'eau la douche est coupée. Le coup suivant, quand on remet la flotte, on ne se prend pas tout sur la tête (dommage, toute une famille de gags qui disparaît) mais ça remplit la baignoire. Intelligent.

Inconvénient du truc, parfois, on est sous la douche, comme dans les pubs (sauf qu'il n'y a pas de musique, pas de feuilles de bananier et pas de fleurs exotiques) et chgoing le ressort décide de couper la douche et de nous envoyer la flotte sur les pieds. Ce n'est pas bien méchant.

Sauf pour moi.

Parce que dans mon cas, le ressort décidait de couper l'eau chaude ou l'eau froide, mais pas les deux en même temps. Donc, j'étais tranquillement en train de m'arroser, et chgoing toute la flotte chaude se met à sortir par le robinet (donc je me brûle les pieds) alors que la  flotte froide continue à sortir par la pomme de douche (donc je me gèle la tête). Ou l'inverse.

Qui ai-je donc pu incomoder au point que l'on me concocte pareil sortilège ?

dimanche 29 août 2004

Et galère...

Le programme du week-end entrait dans la catégorie "actif". Je cite, dans le désordre : ponçage d'une poutre (encore une ! direz-vous, mais oui, il y en a plein par chez moi, cachées sous du plâtre, et quand je tombe le plâtre, hoooo encore une poutre à remettre à neuf), retrait de radiateurs (justement pour avoir accès au plâtre derrière, qu'il va falloir tomber aussi mais là je doute qu'il y ait des poutres cachées), tondage du jardin (oui, on dit tonte), traitement de la poutre poncée (paske les p'tites bestioles qui bouffent le bois sont passées dans le coin), jardinage divers. Sans compter les tâches ménagères du style lessive, repassage, ménage et vaisselle.

Vous me croirez ou pas, mais j'ai réussi à ne pas me blesser, à ne rien casser, à ne poncer que la poutre, à ne couper que l'herbe.

Super.

Mais j'ai oublié de protéger le tas de linge à repasser contre les sournoises attaques de la poussière de bois projetée par le ponçage. Et galère, faut tout rincer de nouveau, tout faire sécher... et je mets quoi, demain, pour aller bosser ?

vendredi 27 août 2004

Anecdote de vacances - 1

Certes, j'ai déjà fait une espèce de bidule qu'on pourrait appeler journal de vacances. Mais j'aime bien qu'on revienne sur mon carnet, donc faut pas imaginer que je dis tout d'un coup, non mais des fois.

Après cet intelligent préambule, plantons les décors. C'est le lendemain du mariage (pas le mien, je précise au cas où), et c'est la réunion de tous les survivants du repas de la veille, les ceux qui ne sont pas encore repartis, tout ça. Dans la maison des bois de mon parrain, père de la mariée, ben oui il en faut aussi. Ambiance champêtre, tables sur tréteaux, bancs, etc. Ca mange, ça discute, ça joue, ça court de partout (pour les plus jeunes).

Le drame se noue autour d'une table.

Nul ici-bas n'est supposé ignorer la très bonne blague du déséquilibre du banc, lorsqu'une personne faisant contrepoids se lève, laissant une victime seule, assise au-delà des pieds du banc. La gravité, l'équilibre et l'humour font qu'évidemment cette pauvre personne se retrouve les quatre fers en l'air, au grand esbaudissement de l'assistance.

Ce genre de vanne ne m'intéresse pas, trop classique. De surcroît, les personnes assises sont d'un âge tout à fait canonique, et l'incident pourrait leur causer grands désagréments. La situation est donc légèrement différente, il faut savoir renouveler le genre. Trois personnes, dont deux sont assises, l'une d'entre elle étant justement en bout de banc. Je discute avec la seconde, assise aussi. Pour ma part, je suis debout, un pied de chaque côté dudit banc, appuyé sur la table. Puis mon interlocuteur décide qu'il a soif, et se lève, prenant au passage mon verre mais c'est un détail.

La gravité, finaude, entre en action; le contrepoids étant parti vers l'abreuvoir local, les règles du déséquilibre autour d'un point de pivot s'appliquent, et la pauvre personne située à l'autre extrémité du banc sent brutalement le banc descendre, non d'ailleurs sans un cri de surprise (de la victime, pas du banc).

Heureusement pour elle, la bascule du banc s'est rapidement arrétée, du fait de ma propre position. Plus de peur que de mal. Si ce n'est que j'ai pris le banc dans une partie charmante, et charnue, de ma personne. Et ça fait quand même vachement mal (anecdote dans l'anecdote, du fait de la fermeté de ladite partie, le banc a dû être réparé par la suite, si, si c'est vrai). Heureusement, j'étais tourné dans le bon sens. Je n'ose imaginer ce que j'aurais éprouvé si, étant tourné dans l'autre direction, le banc avait frappé à la même hauteur, mais de l'autre côté.

mercredi 25 août 2004

Yahoo, à la pointe du langage

Toujours plus forts, nos amis yahesques (je ne sais pas combien de temps ces brèves informatives sont conservées, donc le lien précédent finira par n'amener sur rien).
Ce n'est pas l'information en elle-même qui est intéressante (quoi que), mais le vocabulaire utilisé.
En gros plan, ça donne


L'anté-antépenultième mot du troisième paragraphe est amusant. Je suppose qu'au féminin, ça donne marraineuses ?

vendredi 20 août 2004

'tain un an !

Whaaa... Ca fait un an que je raconte mes bétises ici. Et que vous tenez le coup.

Chapeau !

Vilaine jalouse !

Parmi les comportements qui me mettent hors de moi, la jalousie arrive en tête de liste (ou pas loin, parce que la connerie profonde a aussi une place enviable). Quand je suis la cible d'une crise de jalousie, la perte de contrôle avec destruction de l'adversaire n'est jamais loin. Alors, quand c'est ma régulière-depuis-douze-ans qui me fait ça, je deviens ballistique, la bave aux lèvres, le regard perdu du tueur en série en manque de partenaires de jeux. Seul mon excellent contrôle de moi m'évite un regrettable passage à l'acte.

Il est vrai que je suis bigame. Il y a la régulière-de-tous-les-jours, et ma danseuse, celle-des-moments-spéciaux. Les deux se connaissent, chacune m'a vue en compagnie de l'autre. Je fais avec l'une ce qu'il ne m'est pas possible de faire avec l'autre (et vice-versa d'ailleurs). J'apprécie la discrétion de la première, et la remarquable flambloyance de la seconde, même si cela me vaut des regards envieux ou assassins de la part des autres mecs. En bref, une excellente complémentarité, ce qui explique ma fidélité aux deux.

Or, ma régulière prend mal le fait que, depuis quatre ans maintenant, je ne parte plus en vacances avec elle mais uniquement avec l'autre. Pourtant, cela ne représente guère que quatre semaines par an, les quarante-huit autres lui étant dévolues. Sauf quelques week-ends de-ci, de-là, je le reconnais. Pas de quoi en faire tout un plat. Elle devrait être heureuse que je reste avec elle : je pourrais tout aussi bien mettre un terme définitif à notre relation.

Ses crises de jalousie, allant jusqu'à un refus total de toute interaction, ont d'ailleurs débuté le jour même où j'ai commencé mes relations approfondies avec l'autre; l'intuition féminine, peut-être ? Et, depuis, à intervalles réguliers, cela recommence et ne prend fin qu'après moult cajoleries onéreuses. Cela serait de bonne guerre si ce n'était aussi systématique et, à la longue, lassant. Elle pense jouer sur du velours, car elle sait que l'autre restera toujours celle-des-moments-spéciaux et ne sera jamais, par nature, ma régulière-de-tous-les-jours. Mais il y a une autre issue : je peux aussi changer de régulière.

Donc, je pose clairement l'ultimatum.

Ma chère tuture, soit tu redémarres pour que je puisse aller remplir le réfrigérateur, soit je change de voiture d'ici la fin de l'année.

mercredi 18 août 2004

Vacances, suite et fin

Journée 8
Bien entendu, il n'est guère concevable de prendre des vacances en Bretagne et espérer avoir du beau temps tous les jours (voire, pour les mauvaises langues, espérer avoir du beau temps; je ne suis pas une mauvaise langue). A quoi peut-on occuper un jour pluvieux de vacances ? Après 18 parties de Uno, je craque et propose d'aller au cinéma, dans la ville la plus proche. Nous allons, et déambulons dans les rues à la recherche du cinéma.

Nous tombons (bien involontairement) sur l'une des animations vraisemblablement mises en place par le Syndicat d'Initiative. Au programme aujourd'hui : sauvetage de minet tombé dans un canal. Avec pompiers (j'imagine déjà certaines lectrices se pâmant à l'évocation de cette corporation), gyrophares et blocage de la circulation.

Un greffier qui se noie, je conçois que ce soit intéressant. J'ai par contre du mal à comprendre pourquoi il faudrait aller le repêcher. Initialement, je me disais "ben c'est pour le jeter à l'eau pour la scéance suivante, et refaire le sauvetage pour d'autres touristes". Ou bien "il évite trop bien les pierres qu'on lui jette, faut l'étourdir un peu sinon c'est pas drôle" [note : heure_bleue, arrête de me regarder d'un sale oeil et repose ce couteau. S'il te plaît]. En fait non, il n'y avait qu'une seule démonstration (sans doute pour des raisons de budget), et le greffier a été emmené illico à une clinique vétérinaire. Pour vérifier qu'il n'était pas malade. Pour le confier à la SPA ensuite. Laquelle SPA le ferait piquer sous 15 jours si son propriétaire ne se manifeste pas. Pour en arriver là, ils auraient mieux fait de le laisser boire la tasse...

Sinon, le film était bien.

Journée 9
Dernier jour en Bretagne. Nous allons nous baigner, rituel inévitable dès que les nuages s'en vont. Je paufine mes coups de soleil histoire d'avoir quelque chose à raconter à mon retour. Pour compléter le tableau, nous avons changé de plage. En fin de journée, nous assistons avec délices aux sauvetages plus ou moins réussis de serviettes de plages et autres instruments estivaux, lâchement attaqués par la marée montante. Nous ricanons de la bétise de s'installer en-dessous de la ligne de la marée, et repoussons dans les flots les hordes de réfugiés qui voudraient s'installer sur notre territoire afin de voler notre sable sec et puis d'abord ils sont pas comme nous.

Journée 10
Changement de décor, un petit coup de route et nous voici au Futuroscope. J'ai beau essayer, impossible de se débarrasser de la pluie, qui tombe à verse durant tout le trajet, à un point tel que j'ai envisagé à plusieurs reprises de m'arrêter et d'attendre que la visibilité redevienne supérieure à 15 ou 20 mètres. J'avoue humblement flipper comme une bête de rouler dans ce type de conditions. Vu l'allure des voitures qui me dépassent, je semble être le seul. Ou alors les autres conducteurs sont des mutants qui voient à travers les murs, et qu'un tel rideau de pluie n'impressionne pas du tout.

Le Futuroscope, c'est pas mal, surtout sous une pluie fine : pas trop de monde, pas de gniards hyper-excités et assommés (de chaleur, je précise, quoi qu'un gniard hyper-excité, s'il m'approche trop, devient vite un gniard assommé), pas de files d'attente trop pénibles. Pour le reste, lisez les pubs, faudrait quand même pas croire que je vais faire le boulot d'un marketeur.

Juste une remarque. Le personnage central d'une des animations ressemble beaucoup à Rafarin. Sauf que lui (le personnage de l'animation, pas Rafarin), les miracles, il les réussit.

Et l'Héritier me fait le coup de Challenger.

Journée 11
Sauf à avoir beaucoup de chance et peu de files d'attente, il est difficile de voir toutes les animations en une seule journée. Ce pourquoi, prévoyant, j'avais réservé pour deux jours. Nous voyons ce que nous n'avons pas pu voir la veille, nous revoyons ce qui nous a bien plu.

Evidemment, les animations "dynamiques", avec le petit déjeuner à peine terminé, c'est probablement pas la plus belle idée que j'ai eue.

Je retombe dans mes perversions, profitant des accès Internet en libre service pour consulter mes mails et divers blogs. Ca me permet de constater que le contrôle parental mis en place sur le Futuroscope est facile à contourner (sinon, je n'aurais pas eu accès à touentisixe). J'ignore quels sont les zozos qui ont configuré ça, mais ils ont encore pas mal de choses à apprendre.

Journée 12
Vroum, nous quittons Poitiers pour une transversale. Le prochain point de chute est dans la région de Roanne. C'est là qu'on constate que les autoroutes sont organisées de manière radiale (avec Paris au centre, bien entendu). Et que traverser notre beau pays d'ouest en est (ou d'est en ouest, c'est pareil, je le signale au cas où certains se posent la question), c'est coton. Sur 600 bornes nous n'avons pas plus de 75 km d'autoroute. Le reste oscille entre nationales mal foutues et départementales tortueuses. Avec camions et tracteurs, comme il se doit. Sans compter les priorités aléatoirement respectées et les déviations dont les panneaux sont distribués sans aucune logique dans la campagne.

Bref, un moment de plaisir automobile comme nous savons les savourer. Heureusement, il ne pleut pas.

Journées 13 et 14
Je ne comprends toujours pas l'intérêt, voire la fascination, que le mariage exerce sur des gens pourtant normalement bien constitués et correctement éduqués. J'assiste avec mon fils et stupéfaction au mariage d'une cousine. Je continue à n'y rien comprendre, il est des mystères qui me dépassent.

Donc, je zappe.
Mais ça fait quand même bien plaisir de revoir certains et certaines, et l'ambiance est plus sympa qu'à un enterrement.

Journée 15
Rien à dire, la passation du fiston à sa mère se fait sous une pluie battante et à une centaine de kilomètres de Paris. Histoire de lui pourrir la vie (au fiston), je demande qu'il tienne un journal du voyage qu'il va faire dans un autre pays d'Europe.

Journées 16 à 20
Opération annuelle inévitable. Stage sportif, six heures d'entraînement par jour (ce qui explique mes muscles tout partout, huhuhu), y compris quand il pleut des cordes (on est des vrais de vrais). Comme anticipé, en fin de journée j'ai du mal à tenir une fourchette (je ne suis pas le seul). J'ai aussi divers bleus et courbatures. Même pas mal quand même. Comme chaque année depuis bien longtemps, je me maudis de m'être inscrit encore une fois. Et je sais pertinamment que j'y retournerai l'année prochaine.

Journées 21 et 22
Repos. Repos. Repos. Style du mollusque larvesque.

Journée 23
Retour dans ma belle région, fin des vacances. Ouiiiinnnnn snirf snirf.
Contrairement à l'année dernière, pas de dégâts des eaux dans la maison. Je suis presque content (mais presque, faudrait tout de même pas exagérer non plus) de revoir mon chez moi.

jeudi 5 août 2004

Le cynisme est (lui aussi) héréditaire ?

Nous étions dans une crèperie, à nous restaurer. Plus exactement à envisager de, puisque nous en étions encore à consulter le menu. Ce dernier, par souci d'originalité, reprenait des noms liés à l'astronautique afin de baptiser tous les plats.

L'un des noms m'a surpris.

"Tiens, c'est étonnant qu'ils nomment une crèpe Challenger
- Pourquoi ?
- Ben c'est la navette qui a explosé en vol, ça fait un peu négatif pour un dessert."

L'animal regarde le menu, et assène le coup-qui-tue

"Ouais, si encore ça avait été une crèpe flambée on aurait compris"

mardi 3 août 2004

Vacances, semaine un

Journée 0.
Trajet de mes pénates au premier lieu de vacances. Rien à signaler de particulier, si ce n'est que la climatisation ne fonctionne plus. Plus exactement qu'elle chauffe en permanence l'habitacle. Un peu pénible à supporter, il fait 35 degrés fenêtres ouvertes. Ca commence bien.

Journée 1.
Premier bain. L'eau est glacée. Il y a un filon à exploiter par là. Si la banque du sperme installait des unités de collecte sur la plage, ils n'auraient pas besoin de matériel de cryogénisation des échantillons. 10 minutes dans la mer et le tour est joué, kiwis givrés au menu, la crème glacée est prête. Les gens qui sortent de la flotte ont la même couleur que les schtroumpfs.

De nombreux thons sont échoués sur la plage, couverts de graisse prétendument anti-solaire. L'imitation est telle que quelques mouettes intrépides s'approchent, espérant profiter de l'aubaine pour festoyer. Malheureusement le repas est encore vivant et manifeste sa vivacité par des hurlements stridents qui ne dépareraient pas sur une alarme automobile.

Le soir, jeux. Vous avez certainement déjà vu ce jeu utilisant une table à coussin d'air, où les deux joueurs cherchent à envoyer un palet dans le but adverse à l'aide d'un percuteur rond. C'était ça, sauf que la table n'était pas à coussin d'air. Et que l'un des buts (le mien, évidemment) n'avait pas de fond (bien pratique pour éviter les gamelles). Après avoir pris cinq buts et trois fois le palet dans une partie de mon anatomie qui, malgré une cryogénisation partielle dûe au bain de mer, était restée non seulement attachée mais aussi sensible, je déclare mon fils gagnant de la partie et m'en vais en tendant de ménager ma susceptibilité. Quelle idée, en plus, d'avoir mis un jean moulant.

Journée 2.
En principe, rien à signaler. Si ce n'est l'apparition de quelques plaques rouges légères dans mon dos. Cela n'a pas grand chose à voir avec une fraîcheur toute relative des produits alimentaires, mais plus simplement avec mes expositions au soleil. Chose étonnante, malgré tout, car j'use abondamment d'huile de protection. Quoi que le dos est traité par mon fils. Je soupçonne une manoeuvre volontaire de ce dernier afin de me faire attraper un coup de soleil carabiné. On n'est jamais trahi que par les siens.

Journée 3.
La mer restant désespérément glaciale, le cadre était posé pour que nous décidions d'imiter les Esquimaux. Et l'une des plus grandes inventions de ces derniers, si l'on omet la crême glacée qui coule sur les doigts et colle sur les sièges de cinéma, pas comme les M'n M's qui se contentent de s'écraser et de laisser des traces suspicieuses sur le pantalon (ou la jupe pour les dames, mais je ne suis pas vraiment concerné par cet accessoire vestimentaire)... hmmm qu'est-ce que je voulais dire déjà ? Ha oui. La plus grande invention des Esquimaux est le kayak. Donc, nous prîmes une leçon de kayak de mer (parce qu'en piscine, c'est certainement moins intéressant). Trois heures à pagayer, sur les vagues, sur la mer froide, avec des mouettes qui se marrent au-dessus et tout ça. Bon, c'est quand même marrant, surtout quand ce sont les autres qui se renversent hahaha les gros nuls. Le gnouf qui a inventé les courants qui vous amènent exactement là où vous ne vouliez pas aller a intérêt à rester à distance, sinon j'aurais deux ou trois bricoles à lui expliquer en privé.

Journée 4.
Même pas mal partout. Non non, aucune courbature dûe au kayak.
'tain quel est le con qui a mis le verre d'eau aussi loin sur la table de nuit, grrr va falloir que j'appelle pour qu'on me le rapproche au secours j'veux pas mourrir déshydraté !

Journée 5.
Il est envisageable de concevoir que, peut-être, je pourrais avoir l'esprit parfois mal tourné. Certes. Mais quand même, faudrait pas non plus exagérer.

Flanant tel le touriste désoeuvré dans les rues de la station balnéaire du coin (de surcroît huppée), mon regard perçant fut soudain attiré vers un présentoir qui me semblait contenir des produits tout à fait discutables, en tout cas quant à leur présence dans une rue particulièrement passante et pas du tout réservée aux adultes avertis. Un présentoir de porte-clés vibromasseurs ? Rouges et bleus, en plus, pour faire plus festif ? M'étant approché, je me suis rendu compte que oui, ou presque. Ce sont bien des porte-clés, et la babiole attachée, contenant un vague liquide, deux ou trois morceaux métalliques brillants et un mini-dauphin, a très clairement la forme d'un substitut phallique à usage intime, sans trop de détails toutefois. Et ça fait en plus lampe de poche. Histoire de se faire un petit son et lumière privé ? On n'arrête pas le progrès.

Journée 6.
Ayons une pensée émue, et un brin moqueuse, pour tous ces pauvres gens bloqués dans les bouchons du chassé-croisé de l'été. Pendant qu'ils souffrent sang et eau, qu'ils s'invectivent par 35 degrés dans la voiture, qu'ils se jettent les bouteilles d'eau (chaude) au visage de rage, nous nous prélassons sur la plage, avec un petit vent caressant et une mer étale et, pour une fois, chaude.

Notre petit contingent s'agrandi de la présence de ma soeur technique, en cela que nous ne partageons pas le moindre gène mais qu'elle est la fille de la seconde femme de mon père, et de son chien (le chien de la soeur technique, hein, pas la fille de la seconde femme de mon père et de son chien; je préfère préciser, au cas où). Une petite boule de poils 'achtement marrante, sauf quand elle se barre en courant avec une chaussure ou une chaussette dans la gueule. Bref, une partie de la journée s'est déroulée à courir après le bestiau pour récupérer nos affaires. L'animal est maintenant cloué sur la porte du garage, on devrait avoir la paix quelques instants.

Journée 7.
Les bestiaux à longs poils, c'est sympa mais ça demande de l'entretien. Et, mine de rien, c'est pas si con que ça. Là, il faut peigner l'animal (le chien, pas mon fils, quoi qu'il aurait bien besoin d'un coup de peigne aussi). Ledit animal a horreur de ça, mord tout ce qui l'approche, couine, bref c'est le bonheur. Un poisson rouge, ça doit être cool, quand on y réfléchit.

- page 29 de 40 -