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vendredi 7 octobre 2011

Une Berryer à Toulouse

Une fois n'est (malheureusement, en l'espèce) pas coutume : la dernière conférence Berryer s'est tenue à Toulouse, hier soir.

Grief majeur, la salle du Sénéchal était bien trop petite pour l'événement. Ma CeT et moi, rejoints par trois émérites blogueurs que je laisserai se dénoncer s'ils le désirent, étions là 90 minutes avant l'heure, et ne sommes entrés que de justesse. Nos augustes postérieurs n'ont trouvé que quelques méchantes marches pour se poser, nul fauteuil n'étant plus disponible. Et je ne parle pas de tous ceux qui ont dû rebrousser chemin.

Autre grief de taille, la conférence commença avec une heure de retard, ce qui est particulièrement dommageable si l'on prend en compte la durée de l'événement. J'ignore si c'est de coutume (peut-être), mais il me semble que l'on ne fait pas attendre quelques 400 personnes[1] sans au moins quelques excuses, qui auraient pu se glisser dans la bouche des secrétaires.

Cela étant dit...

La qualité des intervenants (candidats, secrétaires et invité) nous a fait passer une excellente soirée. Toutes les interventions n'étaient pas égales, loin s'en faut, sans que cela ne parvienne à gâcher notre plaisir. Beaucoup d'humour (parfois en-dessous de la ceinture ou au niveau des amygdales mais jamais lourdingue), du rythme et des saillies vigoureuses ont ponctué la soirée et les échanges.

L'heure avancée et l'inconfort nous ont obligés à partir avant la fin, sans écouter les contre-critiques des bâtonniers de Paris et de Toulouse. Je gage que ce fut aussi enlevé que tout ce à quoi nous avons assisté.

La délocalisation n'est donc pas toujours une malédiction, surtout si c'est pour amener une poignée de parisiens abrutis et incultes[2] à venir sous nos cieux apprendre si, oui ou non, les amygdales peuvent être fécondées.

Notes

[1] Quand je dis que la salle, d'une capacité de 250 places, était bien remplie.

[2] Ainsi ont-ils été décrits par l'invité de la soirée.

lundi 14 juin 2010

Déjanté, vous avez dit déjanté ?

Peut-être connaissez-vous la pièce Un fil à la patte, de Feydau. Si non, Wikipédia est votre ami. L'intrigue est relativement alambiquée, avec un futur époux qui ne réussit pas à se séparer de sa maîtresse, laquelle est invitée par la (future) belle-mère pour chanter lors de la réception de signature du (futur) contrat de mariage. Ajoutez un général mexicain foldingue de la diva et jaloux comme une teigne, un clerc de notaire un petit peu lubrique, une (future) épousée d'un modernisme frappant, une soeur-de-diva dépressive. Secouez et servez.

Je suppose que la version normale de la pièce doit être très drôle.

Samedi dernier, avec l'Héritier et ma CeT, nous sommes allés en voir une déclinaison qui, si je n'avais pris la précaution de me vider la vessie juste avant, m'aurait très probablement mis dans une situation fort délicate. Pierre Matras et Julie Kpéré nous font un service particulièrement haut en couleurs.

Un fil à la patte

Même si la saison est terminée (nous avons assisté à la dernière), il n'est pas exclu que ces deux dingues passent pas loin de chez vous. Je n'ira donc pas déflorer votre plaisir à découvrir leur version. Je dirai juste que la pièce est très dynamique, que la mise en scène, pour laquelle le terme minimaliste est déjà exagéré, permet quand même de tout voir, y compris les costumes et les coiffures des acteurs. Et que l'on rit du début à la fin.

Les deux zèbres réussissent à tenir deux heures, à deux seulement, pour jouer une pièce d'une dizaine de personnages. Je n'en dirai pas plus. Allez les voir si vous pouvez.

Note : j'ai repris l'affiche du Grenier de Toulouse, mais c'est à la Comédie Rive Droite que nous avons vu la pièce.

lundi 3 mai 2010

Elektra - Richard Strauss

L'argument de cet opéra est relativement simple. Il procède d'une pièce de Sophocle. L'action se déroule à Mycènes peu de temps après la guerre de Troie.

Môman (Clytemnestre, Agnes Baltsa), avec l'aide de son Amant (Egisthe, Donald Kaasch), a gentiment trucidé Pôpa (Agamemnon). Fifille 1 (Electre, Susan Bullock) ne rêve que de vengeance, de sang qui coule et de têtes qui roulent, alors que Fifille 2 (Chrysothémis, Silvana Dussmann) préfèrerai vraiment qu'on oublie tout ça et qu'on fasse des enfants. Fifille 1 est un peu complètement folle, genre à lier, mais c'est une fille de roi et ce sont des choses qui ne se font pas. Môman fait de mauvais rêves depuis qu'elle a occis Pôpa, et s'interroge sur les sacrifices et offrandes à faire aux dieux pour chasser ces mauvais rêves. Elle va jusqu'à demander que faire à Fifille 1. Cette dernière lui assure connaître le bon sacrifice et le bon officiant pour cela, le premier étant Môman elle-même et le second étant Frangin (Oreste, Harry Peeters[1]) qui doit revenir de son exil pour faire le ménage. Sauf que Môman, que l'amour de sa progéniture n'étouffe pas plus que ça, a dépensé moult pièces d'or pour s'assurer que Frangin trépasse loin de Mycènes, ce dont elle reçoit d'ailleurs confirmation. Grosse déprime de Fifille 1, exultation de Môman, et arrivée des messagers venant témoigner du trépas de Frangin. Sauf que ruse de sioux[2], les messagers sont en fait Frangin et son précepteur. Fifille 1 et Frangin se rencontrent et finissent par se reconnaître. Frangin pique une grosse colère et va trucider Môman à coup de hache. Puis on attend l'Amant, on le zigouille lui-aussi et tout est bien. Fifille 1, de joie, clapote.

Il y a une faiblesse dans ce scénario tragique grec : pas de relations incestueuses mère-fils ou frère-soeur[3]. Pourtant, cela aurait pu, puisqu'Oreste et Electre se rencontrent sans se reconnaître. Ca aurait autorisé le suicide d'Oreste, laissant uniquement Fifille 2 pour assurer la succession. Bref, un ressort d'intrigue qui n'a pas été exploité comme il aurait pu.

Les décors et costumes (commis par Hubert Monloup) sont étonnants pour une tragédie antique. Le plateau fait plus penser à une friche post-industrielle qu'à un palais mycénien. Et les costumes n'auraient nullement déparé dans une bonne maison de la fin du 19ème siècle. Sauf Electre, évidemment, qui serait restée dans la rue où elle n'aurait pas fait honte aux autres miséreux. Enfin, représenter une hache à couper des têtes par une pelle de terrassier, ça fait un peu bizarre.

Voilà donc pour l'extérieur de cette oeuvre.

Pour tout dire, il faut rentrer à l'intérieur, et ça prend un petit quart d'heure - jusqu'au premier dialogue entre Electre et Chrysothémis. Madame Bullock, qui a bien mérité la dizaine de minutes d'applaudissements qui l'ont saluée, éclipse tous les autres interprètes. Rien que de très normal, tout le livret est centré sur elle et elle tient la scène presque du début à la fin. Les autres voix ne sont là que pour la laisser respirer un peu. Elle incarne la folie vengeresse et l'ivresse de sang, sans trop en faire, ce qui rend le résultat encore plus violent. J'avoue que, pendant la première quinzaine de minutes, je me demandais vraiment ce que je foutais là. Et ensuite, Electre nous happe et on est scotché.

Détail amusant, il n'y a pas de musique. Enfin si, quand même un peu, mais c'est uniquement une ligne autour d'Electre. L'orchestre soutient (un peu fort parfois, couvrant les voix) l'intrigue comme un éclair peut souligner un rebondissement cinématographique. Il est difficile de dégager une mélodie ou quoi que ce soit d'autre. Il n'y a pas vraiment de bande son, juste un accompagnement sonore de l'action. Le résultat n'en est pas moins efficace.

Notes

[1] Qui n'a pas de cicatrice sur le front.

[2] Même s'ils n'étaient pas encore inventés.

[3] Le père étant mort, difficile de le faire jouer dans ce registre.

lundi 29 juin 2009

Quand le Diable s'en mêle

Hier, avec CeT, nous nous perdîmes à l'Opéra afin d'y savourer un Faust de Gounod de fort bonne facture - quoi que je ne puisse m'empêcher de pester un peu, rien cependant par rapport à la Dame de Pique.

Je commence par la mise en scène. M. Nicolas Joël va aller prochainement officier à Paris, et c'est fort dommage pour nous. J'ai beaucoup aimé la mise en scène[1]. Quelques surfaces semi-réfléchissantes, une ambiance teintée de bleu parfois déchiré de rouge lorsque Méphisto s'exprime, très peu d'éléments annexes, et pourtant tout y était... Mention spéciale pour le premier acte (dans l'étude de Faust) et pour le tableau à la cathédrale. Bravo monsieur Joël, et continuez longtemps ainsi. Moi qui aime les styles dépouillés, j'étais servi.

Servi, nous l'étions aussi par une Marguerite (Inva Mula) intéressante. Ses interrogations et ses peurs (la tentative de prière, interrompue par Méphisto), ses doutes après avoir été séduite puis abandonnée par Faust, sa folie (dernier tableau du cinquième acte, en prison) sonnaient justes, et étaient d'autant plus percutants que la mise en scène minimaliste ne nous distrayait en rien.

Faust (Giuseppe Filianoti) s'est révélé un peu emprunté mais efficace. C'est son jeu de scène et ses attitudes qui m'ont quelque peu gếnés : ça manquait un poil de conviction, pas suffisamment pour gâcher le plaisir de l'entendre, mais comme un truc qui vous gratte quand tous les regards sont braqués sur vous et que vous ne pouvez vous soulager. C'est la même remarque que je ferai sur Méphisto (Orlin Anastassov). Un très belle basse, mais crénom de nom, il est supposé incarner le Diable (avec un D majuscule, s'il vous plaît). Il n'était pas assez démoniaque, pas assez inquiétant, presque trop retenu, trop poli, trop lisse. Son interprétation du Veau d'Or, au second acte, manquait de souffle (au sens épique du terme, pas au sens respiratoire). Le jeu de scène était très correct (notamment avec Dame Marthe, interprétée par Isabelle Vernet), la voix était puissante et solide, mais le personnage tenait plus du Petit Démon que de Satan himself.

Enfin Siebel (Blandine Staskiewicz), qui m'a un peu surpris parce que décidément j'ai du mal avec les rôles masculins tenus par des femmes[2], mais une fois le filtre adéquat en place on se laisse porter. Elle tient bien le rôle du soupirant ignoré, mais semble avoir été un peu négligée dans la mise en scène. C'est dommage, il eût été intéressant que l'on ressente, outre le désespoir de Marguerite abandonnée de son amant et celui de Faust amoureux et rongé de remords, celui de Siebel dont l'amour est ignoré.

Ajout du lendemain La nuit portant conseil, j'ai réalisé que j'avais oublié les choeurs. J'ai toujours aimé les choeurs (les bons, pas ceux des supporters avinés de quelques vagues équipes sportives), et ceux de ce dimanche n'ont nullement fait exception. Les applaudissements qu'ils ont reçus à la fin de la représentation étaient à mon avis en-dessous de ce qu'ils méritaient.

N'allez pas croire ce que je n'ai pas dit. Quelques défauts mineurs, mais ce fut un après-midi diablement agréable.

Notes

[1] A l'exception du second acte, sans grande originalité, mais il faut dire qu'il ne s'y prête guère.

[2] Il n'y a là rien de sexiste.

dimanche 10 février 2008

Trois cartes - et des rossignols

Que sont des émotions mitigées ? Jusqu'à présent, je n'en connaissais qu'une définition : c'est quand votre belle-mère se plante en essayant votre nouvelle Porsche. Je dois en ajouter une nouvelle, malheureusement moins compréhensible pour beaucoup : c'est d'assister à l'une des représentations de La Dame de Pique (Tchaikovsky/Pouchkine) qui se donne actuellement au Théâtre du Capitole. J'ai en effet oscillé entre l'enthousiasme le plus complet, genre hystérie des midinettes du premier rang d'un concert de Patrick Bruel, et la recherche frénétique de quelque légume en état de décomposition avancée pour le projeter sur scène.

A tout seigneur tout honneur, parlons d'abord de la mise en scène. M. Arnaud Bernard s'est fait huer pendant la première représentation et lorsqu'il a eu l'inconscience de se présenter sur scène à la fin, il s'est fait huer aujourd'hui, mais n'a pas réitéré la démarche hasardeuse d'affronter le public, opération dont, à en croire les commentaires durant les entractes et à la sortie, il n'eût pas été garanti qu'il y puisse survivre. Je suppose qu'il va se faire huer à chaque représentation.

Bien que l'essentiel des scènes se déroule dans des intérieurs de la très haute noblesse russe de la fin du 18ème siècle, dont on pourrait supposer qu'il s'agit d'un cadre raffiné, voire même luxueux, nous avons eu droit à un décor d'asile psychiatrique. La pièce débute d'ailleurs par une personne (Hermann) seule, assise sur une chaise blanche, vétu de blanc, dans un cadre tout de faïence blanche, genre salle-à-vomir que l'on peut nettoyer facilement au jet d'eau. Il n'y manquait que les bras attachés dans le dos et on y était. L'ensemble de la pièce était éclairé par des lumières allant du blafard au lugubre, sans couleurs, du blanc sur du blanc avec, pour changer, un peu de blanc.

Cela dit, ce décor sinistre aurait pu être oublié car, après tout, on vient aussi pour la pièce en elle-même. C'était sans compter sur M. Arnaud Bernard qui, dans le second acte, pour la pastorale de la Bergère Sincère, nous a quand même installé dans un intérieur des années 70 au grand complet, y compris la télévision noir et blanc allumée et la toile cirée sur la table, a fait intervenir un mafieu italien (le kit complet, avec la popeline en poil de chameau, les grosses lunettes, la valise bourrée de billets, le gros cigare, le chapeau noir à bande blanche et le garde du corps musclé), et faisait chanter les choeurs (et pas les interprêtes) en coulisses. Du grand n'improte quoi. Enfin, représenter la visite de la Tsarine Catherine la Grande par un homme travesti, en marcel, tutu transparent, et jarretelles, il fallait l'oser. Le public ne s'y est guère trompé, qui a hué.

Voilà donc pour la mise en scène, dont j'espère que celui qui a osé la commettre s'en retournera à un prudent anonymat qu'il n'eût jamais dû quitter.

Ensuite, je ne doute pas que Mme Raina Kabaivanska, qui tenait le rôle de la Comtesse, a eu une belle et grande carrière. Cependant, cette dernière est derrière elle, et pas depuis hier. Si l'on peut considérer comme judicieux de faire jouer le personnage d'une octogénaire par une interprète de plus de 70 ans, je me permets de très respectueusement faire remarquer que l'on va à l'opéra pour entendre quelque chose. Mme Kabaivanska n'a plus de voix, et ce ne sont pas ses jeux de scène qui vont compenser ce manque. Elle est inaudible (je soupçonne en outre le chef d'orchestre d'avoir fait baisser son ensemble durant la scène finale du second acte, pour laisser au public une mince chance d'ouïr quelque chose), sa voix fasèye comme une voile déchirée par la tempête, ondulant au gré d'une volonté qui n'est pas celle de l'interprête. Les applaudissements nourris dont elle fut honorée ne peuvent à mon avis s'expliquer que par la carrière de cette dame et par ce qu'elle fut jadis, mais pas par la prestation qu'elle nous a donné, ou plus exactement ne nous a pas donné, ce jour.

La scène de la mort de la Comtesse. Si vous avez d'autres références, je suis preneur. Je n'ai trouvé que celle-ci.

Je n'ai plus personne à habiller pour l'hiver. Quoi que, pendant que j'en parle, les costumes étaient un peu tristounets, ternes et bien peu en rapport avec la haute lignée, la fortune et le rang des personnages. Cependant, j'absous la costumière, il s'agit là d'un bien mince péché comparé aux précédents.

Sortons maintenant la boîte à compliments. Pour commencer, il en faut bien un qui s'y colle, ce sera le chef d'orchestre, Tugan Sokhiev. Chapeau bas, vraiment. Une maîtrise de son ensemble, ça coule, ça explose quand il faut, il y a de l'énergie, de la folie, de la douceur, de la rage... Très, très, très fort. Un Monsieur à suivre. Vu son jeune âge (il a 31 ans et incarne parfaitement le proverbe la valeur n'attend pas le nombre des années), je crois qu'il pourrait bien nous préparer de grands moments à l'avenir.

Ensuite, une dame, Barbara Haveman, qui tenait le personnage de Lisa. Les scènes avec Hermann, dont celle du suicide... arf. Dommage que la mise en scène... j'en ai déjà parlé, m'enfin quand même, représenter un suicide au bord de la Neva par des douches issues des pires cauchemars de nos années d'internat, c'est assez fort. Les interprêtes avaient bien du mérite de jouer dans un tel cadre. Pour revenir à Mme Haveman, sa voix et son jeu collaient très bien avec le personnage, ses doutes, ses peurs, sa folie suicidaire finale... Bravo.

M. Vladimir Chernov, qui jouait le Prince Eletski, ex-fiancé de la sus-citée Lisa et rival d'Hermann, n'a pas beaucoup l'occasion de montrer l'ensemble de son talent. C'est dommage, mais c'est le rôle qui veut ça. Heureusement, quelques passages permettent d'entendre cette voix pleine, qui manque un peu de chaleur, mais que peut-on attendre d'un amoureux déchu et éconduit ? Pour ma grande frustration, dans la dernière scène où, grâce au jeu et aux cartes il se venge d'Hermann, il se révèle inaudible, non pas de son fait mais de celui d'un charivari de soldats en goguette auxquel le metteur en scène a dû donner l'instruction de noyer tout élément sonore dans le bruit de leurs godillots frappés sur le sol.

Et enfin, enfin, M. Vladimir Galouzine, qui tenait Hermann. Im-pres-sion-nant. Une puissance de voix, liée à une maîtrise dans son usage, allant jusqu'à laisser toute la place nécessaire à ses partenaires, qu'il n'a jamais écrasés alors que cela lui eût été facile. Bravo, bravissimo. Rien d'autre à dire.


Les trois cartes du titre font référence à l'élément principal de l'intrigue. Il eût été plus juste de parler d'un carré d'as.

mercredi 24 octobre 2007

Et de deux...

Dimanche dernier, c'était la seconde itération (pour la saison 2007/2008) des Cantates sans filet jouées par l'Ensemble Baroque de Toulouse. Je n'ai aucune vergogne à donner mon avis, quand bien même ma compétence en la matière frise le zéro absolu. Un blog, ça sert à ça. Et toc.

Bon alors pour commencer, il faut se rappeler

  • que les musiciens ont travaillé individuellement leur partition,
  • qu'il y a environ 90 minutes d'intégration et de réglages avant le concert proprement dit,
  • que le chef d'orchestre fait ses remarques au micro, autant pour l'orchestre que pour l'édification de toute l'assemblée, et
  • que personne n'est là pour se prendre la tête.

Cela dit, j'aime pas trop qu'on me prenne pour une nouille. Parce que c'est bien gentil, les dialogues entre le chef d'orchestre et certains intreprètes, genre Non là cette note elle est pas possible, ce devrait plutôt être telle autre note ou bien Hmmm à tel endroit, tu me rajoutes un ré, ça passera mieux mais hein faut pas vous la jouer non plus. Vous aviez l'air vachement satisfaits de vos modifications, mais j'ai bien écouté, il n'y avait aucune différence cré nom d'un p'tit bonhomme. Alors on m'la fait pas à moi taratata.

Et puis ces instruments de la mort que vous nous sortez, comme le hautbois de chasse de dimanche dernier ou je ne sais plus quelle flûte la fois précédente. Vous croyez que je viens à ces concerts pour mesurer toute l'étendue de mon inculture musicale ? Tsss.

Après ces remarques liminaires qui me paraissent bien utiles afin d'éviter que pareilles erreurs ne se reproduisent...

C'est bluffant, ce truc. Vraiment. Outre que les cantates peuvent être superbes (le premier passage de celle de dimanche dernier était magnifique, avec un thème au violon d'une grande beauté), les instrumentistes, les choristes, les solistes et le chef d'orchestre sont vraiment bons. Voir l'assemblage de la cantate, écouter les différences entre un premier jet et celui corrigé par le chef d'orchestre, sont des expériences assez uniques... Ainsi, dimanche, il y avait un passage où deux flûtes différentes devaient jouer à l'unisson, alors qu'elles ne sont pas accordées de la même façon (si j'ai tout bien compris). Le premier jet avait quelques dissonnances désagréables, mais le second (et le jeu final durant le concert proprement dit) furent... hmmm... j'en frissonne encore.

Les solistes sont remarquables. Dimanche dernier, nous avions un solo de haute-contre (première fois que j'entendais ce registre, en solo en tout cas) qui valait le détour (ce qui ne signifie pas que la soprano et le ténor n'ont pas été bons; ce sont juste des registres qu'on entend plus souvent).

Et enfin, parce que ça fait partie de la tradition, le dernier choeur est toujours répété puis chanté avec le public (ceux qui le veulent bien). Ca fait un drôle d'effet de ne plus être devant la musique mais dedans.

Bref, si vous avez deux heures de libres, la prochaine c'est le 18 novembre, je ne saurais que trop vous encourager à venir.

lundi 18 juin 2007

Vous faites quelque chose ces 25 prochaines années ?

L'idée est suffisamment frappée pour me plaire. En plus, c'est du Bach. Evidemment, je l'apprends un peu tard puisque ça a commencé depuis janvier dernier. On a beau être connecté, parfois les informations n'arrivent pas aussi vite qu'on le voudrait. Mais pour la rentrée prochaine, j'y serai !

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lundi 10 avril 2006

Gorge profonde - deep throat

Bien que curieux de plein de choses en la matière, n'allant toutefois pas jusqu'aux expériences extrêmes, je dois avouer n'avoir jamais vécu cette expérience-ci, jusqu'au 21 mars dernier où cette lacune fut comblée.

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dimanche 9 avril 2006

A voir, si vous pouvez...

The Couple Le 28 mars dernier, j'ai assisté à la première de The Couple qui, comme le titre l'indique, est l'histoire d'un couple. Que l'on pourrait considérer comme quelque peu mal assorti mais, l'Amour étant aveugle, tout sera bien qui finira bien - après toutefois près de 90 minutes de scènes de ménage diverses et variées, mais particulièrement vives et animées. Seul critique, inhérente à une première : les acteurs (et plus particulièrement René-Marc Guedj) donnaient par moments l'impression de réciter leur texte plus qu'autre chose. Je pense que maintenant, puisque cela fait près de deux semaines qu'ils la jouent, ce défaut a dû disparaître. On peut y aller en couple, mais soyez prévenus : vous allez obligatoirement vous reconnaître et -surtout- reconnaître votre moitié à un moment ou à un autre.

La Valse des fonctionnaires Vu aujourd'hui La Valse des Fonctionnaires, qui joue les prolongations puisque ce devait être uniquement en février, puis ça a grignoté mars, et ça continue sur les week-ends d'avril. Là, le spectacle est rôdé (René-Marc Guedj y joue aussi), et il n'y a pas de défaut apparent (si, juste un : si vous y emmenez un gamin, comme je l'ai fait, assurez-vous qu'il a reçu une éducation non expurgée[1] ou bouchez-lui les oreilles régulièrement; sinon, vous risquez d'avoir beaucoup de questions sur des points assez précis concernant non pas la reproduction humaine per se, mais les diverses activités qui peuvent in fine y amener). Comme le titre le laisse penser, il s'agit d'une journée de travail (tousse tousse) dans une administration. C'est caricatural, évidemment, caustique, mais vraiment très drôle. A déconseiller toutefois aux fonctionnaires non dotés d'humour. Pour les autres (et je sais d'expérience qu'il en existe), je suis sûr que vous trouverez ça très amusant aussi.

Si ces pièces passent près de chez vous, je ne saurais que trop vous les conseiller. Si vous pouvez n'en voir qu'une seule, c'est La Valse des Fonctionnaires qui aura ma préférence.

Et si l'un ou l'une d'entre vous a les coordonnées de Lila Valentine (interprète de The Couple) ou Stéphanie Villanti (interprète de La Valse des Fonctionnaires), je suis preneur. Des coordonnées.

Notes

[1] J'ignorais que le mien connaissait déjà -à 14 ans- le terme cunnilingus et ce que cela signifie exactement.

jeudi 6 avril 2006

On n'échappe pas à son passé

Intéressante conférence, à la Fac de médecine, sur l'histoire de la médecine légale[1] dans notre belle région. Ainsi que sur ses évolutions récentes, de la thanatologie à la médecine en milieu carcéral en passant par la victimologie.

Il est clair que les médecins légistes ont un humour bien à eux. Pas forcément noir ni lugubre, juste... bien à eux. Ainsi, l'un des orateurs, en présentant les photos de la nouvelle salle d'autopsie (vide, je précise), a dit :

Nous sommes maintenant tout à fait aux normes d'hygiène et de sécurité usuelles. Les produits obtenus lors d'une autopsie seront bientôt propres à la consommation.

Une courbe présentée a attiré mon attention : celle des visites au service de victimologie (accueil et traitement des victimes de coups et blessures volontaires, souvent mais pas uniquement d'origine conjugale). En gros, le nombre de personnes reçues et traitées par ce service est en augmentation constante depuis 1993 (500 personnes dans l'année) jusqu'à aujourd'hui (entre 4000 et 4500). Et, car j'ai posé la question, ce n'est pas dû au fait que les victimes ont moins peur d'aller se signaler (ie, un niveau de violence constant mais plus de constats). L'augmentation de la violence directe sur des personnes physique est un paramètre important de notre évolution sociétale.
Sauf à deux reprises, où le nombre de personnes reçues par le service durant l'année fut inférieur à celui de l'année précédente. Devinette : quelles sont ces deux années ?

Notes

[1] Et ça vous étonne que j'aille à ce genre de conférences ?

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