Nuits de Chine, nuits câlines

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mercredi 17 septembre 2003

La vie ne fait pas de cadeaux

J'vois pas pourquoi j'en ferais. Donc, test, pour vous lecteurs (incidemment, ce sont surtout les lectrices qui sont visées; suis-je matois, tout de même; mais les mecs peuvent aussi jouer).
Age minimal pour jouer : 25 ans. Nan, c'est pas pervers, c'est simplement qu'au-deçà de cet âge, à mon avis, c'est 'achtement moins significatif. Matériel requis : pas grand chose, un p'tit tour chez papa/maman, tonton/tata, un truc comme ça. Ca devrait suffire.
Le jeu est tout simple.

  • Prenez des anciennes fringues (à vous) de quand vous aviez entre 15 et 18 ans (d'où la limite d'age précédemment citée; si vous avez 19 ans, ça sera moins spectaculaire). Ce peuvent aussi etre les fringues du cousin/de la cousine, chuis pas sectaire. Mais les vôtres, c'est plus mieux parce que vous savez que vous les avez portées. Inutile de me dire que vous les avez toutes jetées, papa/maman en ont plein les placards.
  • Mettez-le. Enfin, essayez de les mettre, hein, moi j'dis ça comme ça hein, on est là pour rigoler hein.
  • Courez vous jeter dans les bras d'une personne compatissante, ou dans ceux du pharmacien qui va vous vendre trois boites d'anti-dépresseurs.
Ben oui, c'est duraille non ? Là où je vous achève : moi, j'au aucun problème. Je porte actuellement un jean qui m'a été offert pour mes 17 ans par ma môman. Pourtant, ils sont loins ces putains de 17 ans. J'ai essayé toute la garde-robe récupérée cet été chez môman, et tout me va (okette, la mode a un peu changé).
Oui, je suis assis, même pas les coucougnettes écrabouillées. Non, je n'envisage pas de m'inscrire chez les petit chanteurs de la chorale de Saint Pédophile.
Bon, j'vous laisse vous morfondre.

dimanche 14 septembre 2003

Comme dans une tragédie grecque

On connait tous (enfin, les ceusses qu'ont d'la culture) ces tragédies grecques où le héros, malgré toutes ses qualités, malgré tous ses efforts, souffre, chancelle et succombe car tel est le désir des Dieux.
Ou ces films dans lesquels le héros lutte contre ses vices et pulsions, image après image. Et perd le combat, sans jamais l'avoir abandonné, s'immergeant de nouveau dans sa déchéance.
Je suis le héros de ces tragédies, de ces films. En parler me permettra peut-etre, peut-etre, d'éloigner la prochaine chute, le prochain plongeon.
L'oisiveté est mère de tous les vices. Je le sais depuis longtemps, et je m'assure toujours d'avoir suffisamment à faire le week-end, afin d'occuper corps et esprit. Vendredi, j'ai réalisé que je n'avais rien envisagé pour ce week-end. Rien de précis, rien de long, rien qui puisse m'occuper, me distraire de mes pulsions.
Samedi, je n'ai pas eu trop de mal à me maitriser. Lire très tardivement m'amène à me lever aussi tardivement. Une bonne partie de la matinée a ainsi disparu dans les brumes du sommeil. Préparer la liste des courses -ne penser à rien qui puisse me faire basculer fut le plus dur- puis aller faire les achats m'a permis d'aborder l'après-midi sans incident notable; je me suis maitrisé sans grand mal dans les rayons où j'aurais pu acquérir tel produit directement lié à ma perdition. En milieu d'après-midi, rendez-vous impromptu pour la visite guidée d'une cathédrale de la région. Toujours, au fond de moi, les démons s'agitaient. Mais de proche en proche, j'ai pu, me trompant en permanence, glisser jusqu'au soir sans qu'une crise ne se déclenche. Je sais qu'au-delà d'une certaine heure, je n'ai plus à me craindre.
Dimanche... Couché tot, levé tard. Matinée presque sauvée, mais déjà je sentais en moi la brulure du désir, ses élancements. Midi sonne... le repas... le café... peut-etre déjà, en moi, la défaite était-elle écrite. Je l'ai fait reculer jusqu'à 13 heures environ. Jusqu'à ce que mon regard le croise. Que faisait-il là d'ailleurs ? Il aurait du etre rangé, loin, à l'abri, sous clé. Je me souviens encore lorsque je l'ai acheté, dans un magasin spécialisé dans ce type de produits. Le vendeur m'expliquant, par le menu, les capacités de l'engin, ses différents usages, son autonomie. Moi, en apparence maitre de mes émotions mais tremblant de tous mes membres à l'idée meme d'une telle acquisition. Rouge, une hampe longue, souple et rigide à la fois...
J'ai basculé d'un coup, perdant toute retenue, jetant aux orties toute maitrise de moi, descendant marche à marche jusqu'au plus profond de l'avilissement.
D'abord s'assurer que les fenetres sont fermées, les rideaux tirés. Si jamais les voisins me voyaient, quel scandale !
Puis revétir les vetements appropriés, achetés spécialement dans ce but et qu'à chaque fois je me jure de jeter. Frissons qui me parcourent déjà tout le corps. J'hésite entre le dégout de moi et l'extase.
Ensuite, réunir tous mes petits jouets, tout ce dont je vais avoir besoin pour m'assouvir. Respiration lourde, lente... je sais que j'ai perdu, mais pourtant les lambeaux de controle qui me restent me permettent encore de faire illusion quelques secondes... Avant que l'orgie ne commence, qui à jamais me met à l'écart des gens normaux.
Lessive, vaisselle, repassage, ménage.
La tornade blanche.
J'ai honte.

vendredi 5 septembre 2003

Y'a des jours comme ça...

Ca commence forcément dès le réveil, avec à la radio une journaliste qui interviewe une espèce de pétasse que rien que le ton de sa voix me hérisse, j'vous raconte pas ce dont elle causait. Bon, faut positiver j'me dis, hop je bondis du lit pour éviter sur subir ça plus longtemps.
Mon pied gauche se pose joyeusement et avec une certaine vigueur sur une brosse métallique laissée là. Ok, vous me direz, que fait-elle si près du lit ? Chuis d'accord, je me suis posé la meme question.
Claudiquant, je descend les escaliers en réussissant à ne pas tomber. Bon point. Meme que la cuisine ne grouille pas de monstres hideux ni de percepteurs enragés. Cool, le p'tit dej, cool.
A l'exception de la tasse de thé qui, peut-etre du fait des nombreux mauvais et inavouables traitements que je lui fais régulièrement subir, décide de se briser alors que je la repose plutot délicatement sur la table. Le thé, c'est chaud. Surtout au travers d'un pyja-short.
Ayant exécuté une fort sympathique danse de la pluie (toujours en boitant un peu), agrémentée d'incantations que la décence ne me permet pas de restranscrire ici, je vais me doucher. Enfin, je vais espérer me doucher. Mon svelte et admirable corps dénudé attend l'ardente embrassade de l'eau chaude, tout émoustillé de plaisir retenu. La pluie invoquée plus tot arrive. Froide. J'ai pas rebranché le chauffe-eau.
Là, je suis dans mon bureau. J'ai un casque de vélo sur la tete, au cas où le plafond (dont la solidité est toute relative, j'en ai déjà parlé) se décide à manifester son indépendance d'esprit. A coté de moi, il y a un pack de 6 bouteilles d'eau. En cas de tremblement de terre, je devrais pouvoir survivre jusqu'à l'arrivée des secours.
J'attends la suite...

jeudi 4 septembre 2003

Visite matinale

Chais pas pourquoi, ce matin réveillé et levé à 6:30, comme ça. P'tit dej (je vous conseille vivement "Indian Spice", chez l'un de nos grands diffuseurs de thés; pas facile à trouver, mais c'est un délice rare), et pi boulot. Fenetres ouvertes (il fait 22 degrés), le ciel est un peu chargé mais il va faire beau.
Et là, alors que je cogite sur mes mails et dossiers...
V'la-t'y pas qu'un zoziau rentre par la fenetre dans le bureau. Style gros piaf. Pas un vautour, non, mais quand meme balaise genre moineau qui a bouffé du mais qu'avait p'tetre des hormones de croissance cachées dedans. Pouic pouic pouic qu'il fait l'animal, parce que s'il est rentré par une fenetre il essaye de sortir par une autre et pas de bol, cette seconde est fermée. Pouic scratch en réalité. Scratch blonk ensuite.
Bon d'accord j'ai pigé, j'ouvre toutes les fenetres du bureau.
Hop, le zoziau trouve la sortie et s'en va.
Sans oublier le pourboire, evidemment, sous la forme d'un petit cadeau délesté pendant sa visite du bureau.
La tapette à mouches, c'est pas terrible. Je viens de ressortir une vieille raquette de tennis. Si lui ou un de ses copains reviennent, je vais leur faire gouter de mon coup droit pas lifté du tout.

lundi 25 août 2003

Absurdus delirium

Raisonnons calmement.

En 10 ans, l'Education Nationale a perdu 500.000 élèves (on appelle ça la démographie, c'est normal; ils ont pas disparu, ils sont pas partis dans le prive; simplement, il y a moins d'élèves aujourd'hui qu'il y a 10 ans). En 2001-2002, 14,9 millions d'élèves et étudiants, chiffres de l'Education Nationale. Donc, diminution de 3,3% environ.
Sur la meme période, le budget de l'EN a augmenté de plus de 15%, représentant aujourd'hui près de 25% du budget de l'état (un peu plus de 400 milliards de francs en 2003-2004; une paille). Toujours en 2001-2002, 59,2 milliards d'euros.

Si l'on suppose qu'il existe une règle linéaire entre le nombre d'élèves/étudiants et le budget de l'EN (ce qui est la logique meme), peut-on en déduire :

  • que si jamais on découvre un moyen miracle pour qu'à l'age de 36 mois les enfants sachent _tout_, sans aucune exception, et qu'alors l'Education Nationale devient _inutile_, le budget de l'EN sera mécaniquement porté à plus de 260 milliards d'euros ?
  • que le seul moyen d'alléger le budget de l'EN est d'augmenter le nombre des élèves, en scolarisant les enfants dès 18 voire 12 mois ?
  • que lorsqu'il y aura 19.47 millions d'élèves/étudiants, le budget de l'EN sera NUL ?
  • qu'à partir de 20 millions d'élèves/étudiants, l'Education Nationale RAPPORTERA DE L'ARGENT à l'Etat au lieu d'en couter ?
  • que si tous les français (60 millions de personnes) retournaient à l'école/collège/lycée/université, l'Education Nationale rapporterait immédiatement 540 milliards d'euros à l'Etat, soit PRES DU DOUBLE de l'actuel budget de l'Etat.
Conclusion : y'en a deux possibles.
  • il est normal que le budget de l'Education Nationale augmente alors que le nombre d'élèves/étudiants diminue. Dans ce cas, la conclusion logique est que TOUT LE MONDE DOIT RETOURNER en classe, et nous aurons l'un des Etats dont le budget sera le plus bénéficiaire de toute l'histoire de l'humanité.
  • il n'est pas normal que le budget de l'Education Nationale augmente alors que le nombre d'élèves/étudiants diminue. Alors où est l'erreur ???

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