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mercredi 31 mars 2004

L'échauffement avant le combat...

Tadaaammm... Sur fond de cuivres et de percussions, qui rappellent aux plus âgés d'entre vous les bonnes heures des fêtes romaines, je me prépare à ma première entrevue avec l'architecte des Bâtiments de France (ou ABF dans la suite).

Cet hmmmm... individu (restons poli) n'accepte pas que je souhaite remplacer mes fenêtres (anté-diluviennes ou presque, pourries et qui laissent passer la flotte certainement) par d'autres neuves.
Bon, d'abord je suis le seul crétin de tout le quartier à avoir demandé l'autorisation, et à me faire emmerder (que faut-il en déduire, je vous le demande ?). Mais surtout, l'argument massue invoqué pour l'interdiction est que, dixit ce monsieur, le double-vitrage ne sert à rien et n'isole pas plus que du simple vitrage. Je tiens à le signaler à la communauté, comme ça, vous savez que d'après les ABF de mon joli département, si vous avez du double-vitrage chez vous, vous vous êtes fait rouler par les fabricants, tout le monde le sait dans le métier (il l'a dit, si, si). Je serais vous, malheureux possesseur de fenêtres à double-vitrage, je porterai plainte pour me faire rembourser les frais indûment extorqués par ces fabricants si peu honnêtes.

A moins que ce gentil ABF ne justifie son existence que par les problèmes qu'il provoque ? Vous croyez ? Noooon, c'est pas possible ça, j'peux pas l'imaginer.

lundi 22 mars 2004

C'est lui ka commencé !

Si m'sieur le Procureur, c'est vrai. Il m'a cherché, il m'a trouvé. Non mais des fois.

Tout ça pour dire que faire des bons mots c'est bien, mais de temps à autre il faut savoir fermer sa g... quitte à rater une superbe répartie. Surtout quand on est à Vigipirate Orange.

Vroum vroum, je me balade tranquilou sur les petites routes de nos campagnes. Fait pas super beau, mais il ne pleut pas non plus. Ca monte, ça descend, ça tourne à droite, à gauche... et soudain, le barrage de gendarmerie. Un pandore, au milieu de la route, me fait signe de m'arrêter. Quelques mètres derrière lui, décalé histoire de ne pas être géné par son collègue, un autre pandore bien armé. Le canon de l'arme, dirigé vers le sol, est tout de même clairement vers mon véhicule.

Dans un cas comme ça, évidemment, on obtempère. Ca sent l'exercice plus que le vrai barrage, mais ma curiosité naturelle ne me pousse tout de même pas à vérifier s'ils sont bons tireurs sur une cible mouvante. Je m'arrête.

Pandore1 s'approche, bien couvert par Pandore2, et me dit la phrase magique :

"Bonjour Monsieur, Gendarmerie Nationale, vos papiers s'il vous plaît". Je lui présente ce qu'il faut pour le contenter. Et là, il me surprend en sortant une presque vanne :

"Haha monsieur X, c'est VOUS que nous cherchions !"

Le neurone "ferme ta gueule c'est un flic" devait être en vacances, parce que je réponds du tac-au-tac

"Bien ma veine ça, j'achète des faux papiers et on me file ceux d'une personne recherchée."

Deux heures de négociation et explications (houleuses) après, j'ai pu reprendre mon chemin.

vendredi 19 mars 2004

Silence lourd de signification

Certains silences véhiculent parfois plus d'informations que les plus longs discours (et je ne parle pas des discours politiques, qui ne véhiculent guère plus que du vent et des postillons).

Dans le cadre de mon boulot, je dois souvent auditer des systèmes informatiques. Style le pirate-de-la-mort, sauf que j'ai l'autorisation et que je suis payé pour ça. Donc, j'audite.

Là, je viens d'appeler un client, pour lui demander une information complémentaire (audit à livres ouverts, comme on dit). Il me file l'info et me dit "mais vous ne pourrez pas en faire grand chose, c'est protégé par un mot de passe". Ce à quoi je réponds "Je sais, le mot de passe est gnagnagna" (bon, pas GNAGNAGNA littéralement, hein).

Silence au bout du fil. Comme si je venais de lui apprendre que sa femme est en réalité un homme ou que ses enfants viennent de se faire arrêter par la police pour trafic de stups dans leur maternelle et pour conduite en état d'hébriété avancée (et sans permis) d'un véhicule volé.

Au bout de quelques secondes, il reprend son souffle et la parole, "Je vois que l'audit progresse bien".

On peut le dire comme ça, oui.

jeudi 18 mars 2004

Les jambes - 1 : les cuisses

Définition qui n'a rien d'officiel : la jambe commence quelque part sur la cuisse et se termine à la cheville. En-dessous de la cheville, j'ai déjà traité. Au-dessus du "quelque part sur la cuisse", faut négocier des autorisations supplémentaires. Notez que je ne situe pas où se trouve ladite frontière, c'est à vous de vous en charger.

La jambe est composée de trois éléments indissociables : la cuisse, le genou, le mollet (oui, je sais, le mollet c'est uniquement le muscle; mais comment ça s'appelle, toute cette partie ?). Les trois se massent, mais pas des mêmes manières. Sauf exception, il y a deux jambes à masser. Je préconise un massage "semi-parallèle", c'est-à-dire d'abord les cuisses, puis les genoux, puis les mollets. Mais ce n'est pas un absolu, si vous préférez traiter toute une jambe d'un seul coup, ça ne pose pas de problème.

Donc, la cuisse

La cuisse n'est guère qu'un gros muscle, sans subtilité. Ca ne signifie pas qu'on va la travailler comme des mulets. Attention, sans en avoir l'air, il y a de la surface. Et le muscle est solide. Donc, ça va bien faire travailler vos doigts. Assurez-vous de tenir la distance, il n'y a rien de plus frustrant pour la personne massée que de voir le masseur s'arrêter à cause d'une crampe. Et vous aurez en plus l'air d'une pomme.

Dans quelle position la jambe doit-elle être ? Pour traiter correctement la cuisse, il est préférable que la jambe soit pliée. Attention, ce n'est pas à la personne massée de contracter ses muscles, c'est à vous de faire bouger sa jambe. Sinon, la détente de la cuisse sera annulée par la contraction du muscle nécessaire au mouvement.

Bref. On commence à la frontière supérieure autorisée, en descendant vers le genou. Le massage commence du bout des doigts, comme souvent, afin de chauffer et d'assouplir le muscle. C'est tout de même appuyé, mais on reste très mobile. On alterne des pressions/légères rotations des doigts avec quelques tirés (toujours du haut vers le bas) du muscle. Ca dure quelques minutes au total, histoire de traiter toute la cuisse, mais sans vraiment forcer.

Quand vous avez chauffé la cuisse, on commence le travail sérieux. Là, changement de technique,c'est l'ensemble des mains qui va travailler. On saisit la cuisse des deux mains, diamétralement opposée par rapport à l'axe de ladite cuisse. Et on exerce des pressions "ondulantes" (je n'ai pas d'autre terme). C'est à dire que la pression démarre au bout de vos doigts, puis vous la faite remonter le long du doigt, la paume et le haut de la paume. Et ça redescend ensuite. La technique n'est pas facile à acquérir, et la théorie décrite ci-avant est souvent bien différente de ce qu'on réussit à faire.

Durant cette opération, les mains sont immobiles. Vous faites un ou deux allez-retour de pression ondulante avant de changer les mains de position. On fait un tour de la cuisse avant de descendre un cran plus bas. Et, une fois juste au-dessus du genou, on remonte par la même technique, jusqu'à la frontière supérieure.

Changement de technique. Les paumes vont chauffer. On va redescendre, en frictionnant la cuisse (pas jusqu'à la douleur ni même la rougeur). Des frictions rapides (attention si la cuisse est poilue ! être très léger dans ce cas, enfin j'imagine parce que je ne masse que des femmes donc je n'ai jamais rencontré cette situation), et là on descend toute la cuisse puis on remonte avant de décaler les mains sur une autre bande de la cuisse.

Après les frictions, comme il faut toujours terminer en douceur, on reprend le même parcours (on va traiter des bandes verticales, l'une après l'autre, jusqu'à avoir fait tout le tour de la cuisse), mais en légères caresses, du bout des doigts, sans aucunement appuyer. On laisse traîner les doigts, sans force.

samedi 13 mars 2004

Il faut tuer tous les lapins

Je tiens à préciser que le titre de cette note est à prendre au premier degré, et n'a rien à voir avec la guerre plus ou moins larvée que se livrent quelques-uns, par blogs interposés.

Je n'ai, à vrai dire, pas grand grief contre les lapins. Cependant, nous vivons dans une économie de marché où l'offre et la demande régissent les échanges. Si l'on élimine tous les lapins, par le simple, naturel et très efficace jeu du marché, la production de carottes s'arrêtera. Or j'ai, depuis aujourd'hui, un lourd contentieux envers les carottes.

Tout avait pourtant bien commencé. Il ne me manquait que bien peu de choses pour baigner dans une totale félicité. Mais l'absence de ces légumes orangés aurait profondément dénaturé le plat en cours de préparation. En outre, il me fallait diverses autres bricoles qu'il est facile d'obtenir au super-marché du coin. Ne reculant pas devant le danger, je décidai de braver les périls automobiles ainsi que les radars sarkoziens, et d'aller dans le [ESPACE PUBLICITAIRE A LOUER] le plus proche. Là, au fil des rayons, mon caddie (TM) se remplissait. J'en vins à aborder le rayon des fruits et légumes, où se trouvaient les principaux objets de ma quête.

Du regard, inquisiteur et connaisseur, je jauge l'étalage. D'un geste aussi précis que sûr, je me saisis de l'un de ces objets oblongs que j'étais venu chercher. Redoutant toujours une attaque ennemie, une carotte étant (secret ninja quarante-treize) une redoutable arme de jet, j'évalue son équilibrage en lui faisant faire une petite pirouette en l'air, juste devant moi, comme si je jonglais. Le légume s'élève à hauteur des yeux, tout en tournant élégamment sur lui-même, signe évident d'une excellente répartition des masses. Et il entame sa descente vers ma main qui, après l'avoir lancé, s'apprête à le saisir pour qu'il ne cheye pas au sol.

Trahison !

Au moment crucial de la saisie, par je ne sais quel maléfique transport, la trajectoire de la carotte dévie brutalement, mettant en péril la beauté de l'ensemble de l'opération. Mes fulgurants réflexes entrent en jeu, et j'évite le pire. Enfin, presque.

Car la carotte, évidemment possédée par un puissant démon, est venue violemment mordre dans l'ongle de mon pouce droit.

Ca fait 'achtement mal, de se retourner un ongle.

J'me suis blessé avec une carotte.

'tain la honte.